Pa Vesh En - Church Of Bones (2018)


Le black metal, dans sa définition la plus dépressive et primitive, est friand de ces misanthropes à face de goule qui pondent des albums comme d'autres vont aux chiottes, tout seul dans leur coin. Des démos par palettes entières et des splits partagés avec tout ce qui rampe dans les profondeurs de la chapelle noire, s'enchaînent à un rythme frénétique, conférant rapidement à leurs auteurs une aura culte. Xasthur, Leviathan ou Striborg hier, Pa Vesh En aujourd'hui. Dernier de ces projets qui ne peuvent proliférer que dans les artères macabres de caveaux humides, cette entité échappée des froides forêts biélorusses s'est taillée un nom (mystérieux) en moins de deux ans. Deux démos (Knife Ritual puis Dead Womb) éditées en format cassette (quoi d'autre ?), suivi d'un 7 pouces au titre bien nommé (A Ghost) et enfin une alliance avec Temple Moon, jonchent le sol d'une grotte éclairée à la chandelle qu'une première offrande longue durée vient allonger en ce début d'automne 2018. La créature de la nuit aligne tous les invariants propres au  black metal régressif comme des pinces à linge sur un fil. Mais, visuel morbide en noir et blanc, prise de son brumeuse et identité anonyme participent de cette atmosphère spectrale qui enrobe cette oeuvre tel un suaire pourrissant. Reste que la magie (noire, forcément) de cet art haineux et blafard opère encore une fois. 


Et on finit par être engourdis puis happés par ces plaintes lancinantes grouillant dans une sinistre bouillie. Résonnant comme un râle étouffé, capturé dans les entrailles d'une crypte noyée dans les ténèbres, le chant est inaudible, souligné par un tempo tordu qui parfois s'emballe (A Funeral Procession). Tout concourt à plonger Church Of Bones dans un éther macabre aux confins d'un ambient sépulcral qu'égrènent des claviers cafardeux (La valse Macabra). Néanmoins, on devine derrière cette façade polluée, un talent réel qui fait de Pa Vesh En autre chose qu'une gargouille de plus ruminant son mal-être et sa haine de la race humaine. Il suffit ainsi d'écouter une complainte telle que « Pale Body... » pour constater que son géniteur possède une écriture plus travaillée qu'il n'y paraît, laquelle se conjugue à une manière assez personnelle de fouiller l'obscurité, de matérialiser des ambiances blêmes. Drapée dans un halo livide, cette hostie possède le goût d'une bile vénéneuse. Les titres s'enchaînent en une danse (macabre) entêtante, litanie fantomatique à travers les couloirs caverneux d'une cavité froide et enténébrée. Cénotaphe lugubre noyé dans une brume funéraire, Church Of Bones se montre à la hauteur de l'intérêt suscité par les brouillons qui l'ont préparé, confirmant au passage que Pa Vesh En n'a pas volé son aura déjà culte. (01/10/2018) ⍖⍖⍖

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