CinéZone | Jack Sher - Quatre filles ravissantes (1957)


A sa manière, modeste, 4 Girls In Town est un vestige oublié d'un Hollywood désormais disparu, produit visuellement chamarré et intrinsèquement sans prétention comme les studios en usinaient dans les années 50 et la Universal, dont ce film porte la griffe, en particulier. Une starlette capricieuse que la caméra a la judicieuse idée de montrer uniquement de dos, la croupe chaloupée, la chevelure blonde platine évoquant peut-être Marilyn Monroe, refuse brusquement un rôle. Pour la remplacer, les producteurs lancent une annonce à laquelle répondent quatre actrices débutantes venues des Etats-Unis, de France, d'Italie et d'Allemagne. Toutes dotées d'une personnalité et une motivation différentes, nous suivons ces jeunes femmes embarquées dans des intrigues malheureusement un peu trop sentimentales. 

De fait, Quatre filles ravissantes (en français) déçoit en tant que description très superficielle des coulisses d'Hollywood mais séduit comme romance inoffensive à laquelle Julie Adams, Gia Scala, Marianne Koch et surtout une incendiaire Elsa Martinelli qui appuie néanmoins un peu trop sur la beauté provocante, nappent de leurs charmes irrésistibles. Les belles n'ont aucun mal à dominer une poignée de bellâtres tels Grant Williams, John Gavin ou George Nader, sous Rock Hudson qui héritait des rôles refusés par les acteurs vedettes de la Universal (il était cependant très bien dans L'enquête de l'inspecteur Graham). C'est à peu prêt tout ce qu'on retient de cette aimable production que besogne de façon fonctionnelle un Jack Sher plus à l'aise dans le western (Le bagarreur solitaire),  série B aussi élégante qu'inodore qui ne nous apprend donc rien sur le fonctionnement des studios hollywoodiens qu'elle dépeint de façon anodine. Que nous sommes loin des Ensorcelés de Vincente Minnelli ou de Boulevard du crépuscule de Billy Wilder !  (13.03.2022) ⍖


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