Pristine - The Lines We Cross (2023)


En 2019, Pristine enfantait tout simplement un des meilleurs albums de l'année avec Road Back To Ruin, brûlot d'un hard rock furieusement bluesy chauffé par un organe féminin incandescent. Bien qu'il ait été précédé par trois premières rondelles, nombreux sont pourtant ceux à avoir découvert grâce à ce disque les Norvégiens et parmi eux sa formidable chanteuse. Pourtant, le groupe ne bénéficie toujours pas de l'exposition que son effronté talent mérite et ce malgré l'appui fournit par Nuclear Blast. Le fait qu'il ait décidé de publier son cinquième effort en auto-production risque malheureusement de le priver plus encore de visibilité. Sans doute s'en moque-t-il, préférant assurer sa liberté artistique au détriment d'un plus grand succès commercial. C'est tout à son honneur mais il ne faudrait pas que The Lines We Cross échappe au radar des sorties indispensables. Car, indispensable, il l'est assurément ! D'aucuns regretteront peut-être que Pristine ait muselé ses penchants les plus blues au profit d'une expression plus hard psyché, le résultat se veut néanmoins toujours aussi beau, dégorgeant d'un feeling puissant. Chaleureuse, la production laisse chaque instrument s'exprimer, bourgeonner, emplir l'espace, à commencer par ces claviers veloutés aux sons d'orgue antédiluvien et cette rythmique du feu de dieu ('Ghost With A Gun') qui forme le socle féroce sur lequel prennent assises ces vocalises incendiaires qui rappellent celles de Robert Plant ou de David Coverdale mais au féminin. Ce qui rend la musique des Norvégiens encore plus séduisante. 


Clé de voûte de l'édifice, Heidi excelle dans tous les registres, du plus dur ('Action, Deeds & Suffering') ou plus doux ('Valencia'). D'ailleurs, l'émotion n'est jamais bâillonnée au sein de compositions dont plusieurs font la part belle aux ambiances tendres ou plus duveteuses. Citons à ce titre 'Carnival', ballade agrémentée d'orchestrations discrètes et plus encore l'énorme (à tous points de vue) 'The Loneliest Fortune' (dix minutes au garrot), dont la montée en puissance ouvre une seconde partie qui flirtent franchement avec le 'Echoes' de Pink Floyd. Au rang des influences, celle de Led Zeppelin est toute aussi évidente, comme l'illustre 'The Lines We Cross' que bétonne une rythmique qui ne peut qu'évoquer le 'Kashmir' du Dirigeable. Dommage que cette chanson ne dépasse pas les quatre minutes car nous aurions aimé que la jouissance se prolonge bien au-delà de ce format (trop) étriqué. Là réside la seule - et relative - réserve que l'on peut émettre à l'encontre d'un album tout du long remarquable car jonché de morceaux de bravoure (à ceux déjà mentionnés rajoutons le chaloupé 'Stepping Into The Breach' et l'hypnotique 'Instant Conclusions Decade') et véritable rampe de lancement pour des musiciens à l'unisson d'une énergie aussi juteuse qu'explosive. Tout y est dans ce The Lines We Cross orgasmique : les compos, le jeu, la prise de son, les atmosphères... Ne passez pas à côté de cet album, première grosse claque de l'année 2023 au sommet de laquelle il trônera sans aucun doute. (10.02.2023) ⍖⍖⍖⍖

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