KröniK | The Meads Of Asphodel - Exhuming The Grave Of Yeshua (2003)


Si elle éclaire sur la thématique récurrente du groupe, à savoir, les temps médiévaux, la pochette, laide, il convient bien de le reconnaître, avec ses musiciens déguisés en croisés du pauvre et prenant des pauses ridicules, ne doit surtout pas faire fuir ceux qui ne connaissent pas les Anglais qui se cachent derrière ce bien étrange patronyme. D’autant plus qu’avec Exhuming The Grave Of Yeshua, ils nous livrent à ce jour leur œuvre la plus aboutie, la plus réussie, la plus symptomatique également de leur manière de donner leur propre vision du black metal. Il est même celui qui fixera durablement leur identité  en même temps qu’il servira de modèle architectural et spirituel dans lequel ses successeurs vont se mouvoir. Le Meads aime bien débuter par un titre assez brutal (« God Is Rome » en l’occurrence) qui lui permet de cracher un black sans fioritures à la production ad hoc. Et déjà des éléments, d’abord diffus, commencent à parasiter les conventions d’un genre trop souvent sclérosé par des groupuscules sans imagination et pataugeant dans les grumeaux de leur propre médiocrité. Puis à peu à peu, au fil de l’écoute des excellents « Blood Blasted Holy War », « 80 Grains Of Sand » et « Guts For Sale », on se rend vite compte que pour les Rosbifs le metal noir ne sert que de terreaux à tous les mariages possibles. 


Les guitares peuvent tricoter des accords typiquement hard rock (le sublime « Utopia »), souvent ancrées dans les regrettées seventies (« Sons Of Anak Rise ») ; les claviers biberonnent au rock progressif et au space rock, au point que l’ombre du vaisseau spatial Hawkwind étende à maintes reprises ses griffes sur des compos au format et à la construction peu habituels. Mais il ne faut s’y tromper, même si aucun titre ne suit l’orthodoxie black metal, The Meads Of Asphodel a légitiment sa place au sein du metal extrême. Les vocalises rugueuses et le (parfois) furieux « Healer Made God » sont les témoins de cet arrimage, bien que le monumental et délirant dernier morceau, au nom interminable, quasi instrumental orientalisant de plus de dix minutes dirigé par des claviers comme propulsés des années 70 véritable apothéose de l’album, permet d’en douter quelque peu, sans parler de la pseudo ballade « Book Of Dreams ». Un disque unique pour un groupe qui ne l’est pas moins ! (21.09.2007) ⍖⍖⍖

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