KröniK | Monster Truck - Warriors (2022)


Après quatre années d'abstinence discographique, temps anormalement long pour les Canadiens qui jusque là nous n'avaient habitué à être plus féconds, Monstrer Truck revient enfin frapper à nos esgourdes avec une quatrième bûche sous ses bras velus. Au programme, un bon vieux hard rock aux relents vaguement sudistes, bourré de testostérone et taillé pour la scène. Simple et bourrue, la recette est éprouvée mais les trois premiers albums ont démontré son imparable efficacité. Warriors ne cherche pas à la modifier. Tout y est, les refrains fédérateurs, les riffs rugueux, les mélodies qui s'accroche à vous comme un agent du fisc, les soli brûlants. Rien ne dépasse de cette rondelle dont chaque piste a des allures tenaces d'hymnes instantanés. En à peine plus de trente minutes, ceux-ci s'enchaînent au rythme d'une grosse mécanique, qu'on enfile comme une bonne bière, installé dans un rade enfumé. Comment résisté ainsi à 'Fuzz Montain' et ses choeurs galvanisants, à 'Golden Woman' qui fonce pied au plancher ou à ce 'Country Livin' dont l'influence est annoncée dès son titre ? Impossible. L'écoute se dévide très vite, aidée par des saillies trapues qui ne franchissent que rarement la barre des quatre minutes au compteur. C'est dire leur force redoutable. Les Canadiens sont passés maîtres de ce big rock traditionnel dans son essence mais moderne dans sa vigueur façon turbocompresseur. 


Pourtant, en dépit d'une écriture d'orfèvre servie par l'interprétation ad hoc des quatre musicien), Warriors laisse finalement un goût mitigé dans la bouche. Pour quelles raisons ? Parce que le groupe se contente de recycler toujours la même formule d'une chanson à l'autre, abusant de ces chœurs aussi enjoués que mécaniques. Parce que la bonne surprise des débuts s'est évaporée. C'était bien sûr déjà le cas de True Rockers mais celui-ci bénéficiait d'un menu plus fort, plus marquant. Volontairement enfermés dans sa zone de confort, Monster Truck ronronne désormais plus qu'il ne rugit. Son savoir-faire lui assure une solide tenue de route, expliquant le plaisir réel que dégage la défloration de ce quatrième effort mais il serait bien inspiré par la suite de prendre quelques risques, de forcer un peu plus sont talent. Bref, de nous surprendre. En l'état, Warriors reste un bon disque, aussi puissant qu'accrocheur, dont les morceaux  mordent immédiatement la mémoire mais nous attentions mieux - et surtout plus - de lui que ce concentré d'énergie aussi imparable soit-il. Monster Truck a-t-il atteint ses limites ? La prochaine galette sera déterminante... (16.10.2022 | MW) ⍖⍖⍖ 

Commentaires

Random posts

En vrac

Plus d'éléments

Goddess

Accueil