Howling Giant - Glass Future (2023)


A l’exception – remarquée – de quelques miettes (un split 7’ avec Sergent Thunderhoof puis le Ep instrumental Alteration), Howling Giant n’avait rien enfanté depuis son galop d’essai d’excellente mémoire, The Space Between World, il y a déjà quatre ans. C’est donc avec une excitation certaine que nous cueillons enfin aujourd’hui ce Glass Future qui se sera fait attendre. Si vous ne connaissez pas encore ce groupe, sachez qu’il est américain, de Nashville, Tennessee, plus précisément, et qu’il s’arcboute autour d’un trio guitare/basse/batterie (un claviériste le complète depuis 2020 mais dans l’esprit, il en demeure toujours un) dont la particularité est de voir chacun des musiciens qui le composent assurer le chant. Cette large palette vocale donne tout son sel à un alliage heavy mais raffiné de stoner, de doom voire de rock progressif. Ce deuxième effort (pas si) longue durée – il ne dure que quarante minutes - ne décevra pas ceux que son devancier a séduits. 


Il est une somme lumineuse de chansons finement ciselées à l’ambiance gouleyante. Malgré la puissance des riffs (‘Hank In A Hurricane’ par exemple), jamais les traits ne sont réellement appuyés. Loin d’être cosmétique, l’ajout d’un clavier participe de cette délicatesse de touche et apporte beaucoup à ces compos dont il tapisse le sol de nappes moelleuses, à l’image d’un ‘Siren Song’, racé et costaud, nimbé de généreuses effluves seventies. Si le chant affirme tout du long sa prédominance, la guitare n’est toutefois pas en reste, particulièrement lorsqu’elle s’élève très haut vers les étoiles, témoin le contemplatif ‘Tempest, And The Liar’s Gateway’, floydien en diable. Quant à la rythmique, elle remue d’épais grumeaux comme il se doit (‘Aluminum Crown’, ‘Juggernaut’). Curieusement, une forme d’amertume sinon de mélancolie couvre cet album, en particulier lors d’une seconde partie à l’atmosphère plus méditative à laquelle participent ‘Sunken City’ et plus encore ‘There’s Time Now’ que voile une triste beauté. Tous ces éléments, associés à une écriture toujours extrêmement élaborée, soubassement d’une élégante combinaison de force et de sensibilité, aboutissent logiquement à une offrande superbe quelque part entre Baroness et Ancestors. Howling Giant n’a pas raté son retour. (18.11.2023) ⍖⍖⍖

Commentaires

Random posts

En vrac

Plus d'éléments

Goddess

Accueil