Trois ans. Trois ans qu’on attendait que Mortal Love, jeune formation norvégienne œuvrant dans le gothic metal à chanteuse, quand bien même, le groupe vaut largement mieux que cette étiquette, nous envoie une nouvelle carte postale de sa Scandinavie natale. Trois ans c’est long, surtout quand on a un seul album à son actif. On a même cru un moment que le merveilleux All The Beauty… resterait orphelin, c’est dire. Mais non, sans crier gare, Cat et sa bande reviennent en force avec cette seconde offrande. Ceux (rares, malheureusement !) qui avaient bien craqué sur les envolées romantiques et glaciales de leur premier essai, devraient se sentir comme à la maison à l’écoute de ces douze nouvelles chansons, sucreries gothic parfaitement dosées, entre lourdeur (le puissant « Spine ») et beauté pure drapée dans un voile mélancolique qui rend la provenance du groupe évidente.
Car on touche là une des grandes différences (il y en a d’autres, à commencer par la voix angélique et séduisante, presque celle d’une petite fille par moment, de la ravissante Cat et d’un concept général plus intéressant qu’à l’accoutumée) qu’entretient Mortal Love avec une bonne partie des autres petits soldats formant le bataillon toujours plus nombreux du metal à chanteuse ; c’est à dire cette tristesse raffinée qui fait plus que seulement effleurer sur une musique certes calibrée mais riche d’une dimension émotionnelle bouleversante. Et même si le groupe ne tisse que peu de liens avec ses confrères Madder Mortem, Atrox ou Octavia Sperati, car il se veut beaucoup plus mélodique, accessible, et en un mot, plus pop, il partage néanmoins avec ces formations un feeling identique, des atmosphères communes. En outre, le groupe se singularise également d’une scène déjà gangrenée par une myriade d’opportunistes signés par des labels sans imagination à la recherche de la poule aux œufs d’or, par sa capacité à écrire non seulement de superbes hymnes (« Existence ») mais aussi des titres plus épiques et ambitieux, à l’instar de l’envoûtant « Reality », longue pulsation tragique dont le refrain reprend d’ailleurs le titre du premier album. Mortal Love livre donc à nouveau une pièce de choix qui, on l’espère, lui permettra de sortir de l’ornière de la relative confidentialité dont il est prisonnier. Ses Norvégiens le méritent.(06.07.2007) ⍖⍖⍖


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