Pas loin de vingt ans après la sortie de leur première bombe, Scum, acte de naissance de toute la scène grind, les vétérans de Napalm Death ne sont pas encore près à recourir aux déambulateurs, comme le prouve cette nouvelle salve, qui s'appuie de surcroît sur l'onde de choc de leurs deux précédents assauts, lesquels marquaient déjà un très net retour à l'agressivité, après plusieurs années d'expérimentations et d'albums plus death (voir indus) que purement grind. Sans pour autant renouer avec la violence de ses vertes années, Smear Campaign est certainement ce que les Anglais ont offert de plus brutal depuis des lustres. Ces 18 titres (dont deux bonus) en un peu plus de 50 minutes démontrent que le gang de Barney (toujours fidèle à lui-même d'ailleurs) reste fidèle à une conception du metal qui a fait de lui une valeur sûre en matière de bourrinage : ça déboule à 100 à l'heure et hors de question de faire des prisonniers ! Même la présence incongrue (et anecdotique, reconnaissons-le) sur "Weltschmerz" et "In Deference", de la douce chanteuse de The Gathering, Anneke van Giersbergen ne calme en rien la fureur légendaire d'un combo qui n'a plus rien à prouver en terme de puissance de feu et de brutalité organique et engagée.
Passé le premier titre introductif, la machine s'emballe et écrase tout sur son sillage ; les déflagrations se succèdent à un rythme effréné qui ne nous permet jamais de souffler. Super méchant, mais sans réelles surprises (hormis ce chant féminin donc, utilisé avec parcimonie quand même) pour qui est un familier de la Mort au Napalm, Smear Campaign délivre en réalité ses cartouches les plus intéressantes en fin de parcours, celles qui se singularisent du reste du menu en misant moins sur la rapidité et les blasts et davantage sur la lenteur (toute relative) et la lourdeur des tempos. Le morceau-titre, qui s'enchaîne au déjà monstrueux "Persona Non Grata" et surtout le terminal (bien qu'il ne soit qu'un bonus !) "Atheist Runt" et ses plus de 6 minutes d'ambiances malsaines et mortifères quasi doom, valent à eux trois leur pesant d'organes frais et ensanglantés et justifient à eux seuls l'achat de cet album qui nous rassure (même si nous n'en doutions pas ou plus) sur la santé d'un groupe qui n'est clairement pas encore près à raccrocher les gants. Et c'est tant mieux ! Une leçon, tout simplement, et certainement un des sommets de l'oeuvre du groupe. (07.06.2007) ⍖⍖⍖


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