Lance Comfort - Tomorrow At Ten (1962)


Il arrive parfois que de petits films, ne jouissant que d’une renommée discrète, n'en accrochent pas moins la mémoire. Tel est donc le cas de Tomorrow At Ten, thriller anglais méconnu qui laisse pourtant de tenaces souvenirs. Ce qu’il doit autant à Robert Shaw, dont ce criminel qui kidnappe un enfant, lui fournit son premier rôle marquant au cinéma, qu’à cette demeure cossue, abandonnée et mangée par une luxuriante végétation, sans oublier évidemment un scénario malin qui tire le fil de la course contre la montre, classique mais astucieux. Enlevé par un homme qui s’est fait passé pour le chauffeur qui le conduit à l’école, le petit garçon d’un riche notable est séquestré dans une maison isolée avec pour seul jouet une poupée à l’intérieur de laquelle est dissimulée une bombe qui doit exploser le lendemain à dix heures. 


Le ravisseur réclame la somme de 50 000 livres non pas au téléphone mais en se présentant directement chez le père de l’enfant. Très vite, Scotland Yard l’arrête. Commence alors un interrogatoire conduit par un commissaire chevronné qui espère faire parler le criminel. En vain. Pire, celui-ci, poussé par le père du gamin, tombe dans le coma et meurt sans avoir révélé le lieu où le petit est retenu prisonnier. Or, il ne reste plus que quelques heures avant que la bombe n’explose. Habilement, Lance Comfort, cinéaste à la carrière curieuse qui démarre avec le superbe drame Le chapelier et son château (1941) et s’achève avec Orgie satanique (1965), joue sur le temps qui s’égrène, s’attardant sur les pendules et horloges dont le carillon répond au tic-tac lancinant de la bombe. A sa mesure modeste, Tomorrow At Ten tient en haleine grâce à un suspense bien mené quand bien même la conclusion paraît trop facile et quelque peu expédiée. (20.09.2023) ⍖⍖⍖

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