Malgré ses deux derniers missiles – The Strench Of Redemption et Till Death Do Us Part – qui restent pourtant ce que le groupe a fait de mieux durant sa (déjà) longue carrière, Deicide n’a toujours pas retrouvé, depuis l’éviction des frères Hoffman, son rythme de croisière. Glen Benton semble avoir disparu dans la nature, Ralph Santolla est partie chez Obituary voir si le sang y est plus rouge et surtout, signe qui ne trompe pas, Steve Asheim est désormais à la tête d’un nouveau groupe : Order Of Ennead. Nouveau groupe, pas vraiment car ce projet est en fait né des cendres de l’éphémère Council Of The Fallen. Outre le batteur, qui n’en était d’ailleurs pas un membre officiel, on retrouve Kevin Quirion (chant et guitare), qui depuis a rejoint des rangs de Deicide en lieu et place de Santolla, ainsi que le bassiste Scott Patrick, tandis que les soli sont exécutés de mains de maître par John Li, jeune prodige du shred qui a aussi été l’élève de Santolla ! Ceux qui espère trouver en Order Of Ennead un petit frère à Deicide en seront pour leur frais, quand bien même les deux formations partagent un amour identique pour une intensité d’une violence hallucinante et pour les guitares (de plus en plus) mélodiques. Steve semble y avoir pris goût. Le groupe déverse par contre un black supersonique, cependant mâtiné d’une bonne louche de death metal.
Ce premier essai ne transpire certes pas l’originalité mais il respecte le cahier des charges qui a présidé à sa conception : balancer la purée quarante minutes durant, sans faire (quasiment) de pauses, hormis le temps de deux courts instrumentaux. Order Of Ennead alterne agressions ultra violentes qui ne font pas de prisonniers, qui vous déchirent la rondelle sans vaseline (« Seeking The Prophets », « Reflection, An Endless Endeavor », « Introspection And The Loss Denial »…) et compositions aux tempos implacables mais néanmoins toujours véloces (le superbe « Confering With Demons » que zèbre un solo lumineux) qui privilégient les atmosphères au pilonnage en règle, à l’image des magnifiques « As Long As I Have Myself I Am Not Alone », « The Culling » et le terminal « Dismantling An Empire », qu’achèvent des notes de piano d’une gravité funéraire. Mais, en dépit de la brutalité affichée, ce premier essai, en outre des plus prometteurs, se révèle au final particulièrement accessible. Les soli mélodiques de John Li y sont, il est vrai, pour beaucoup. Et comme pour les derniers Vital Remains et Deicide, on a à nouveau l’impression en les savourant d’assister à la copulation à priori improbable entre Yngwie Malmsteen et un metal extrême sans pitié. Certains aimeront, d’autres, beaucoup moins, les deux s’emboîtent pourtant avec bonheur, peut-être même davantage d’ailleurs chez Order Of Ennead que chez les deux patriarches. La situation chaotique que connaît actuellement le groupe de Glen Benton aura au moins ça de positif qu’elle aura permis à son batteur de livrer cet excellent album éponyme lequel, ne devrait pas rester orphelin et ce, même si Deicide devait retrouver des couleurs… ce dont on peut douter… (09/11/08) ⍖⍖
.jpg)

Commentaires
Enregistrer un commentaire