Bien qu'australien de naissance, Paramaecium reste profondément anglais de cœur. Comment en effet ne pas songer aux premières offrandes de Cathedral, Paradise Lost, My Dying Bride et Anathema à l'écoute de Exhumed Of The Earth, soit les piliers du doom death britannique du début des années 90. Nonobstant de réelles qualités, cet album semble être une synthèse de ces quatre pourvoyeurs en spleen : la croix ornant la pochette (de même que la flûte discrète qui égrène une poignée de notes de ci de là) renvoie au cultissime Forest Of Equlibrium du gang mené par Lee Dorian, l'emploi d'un violon ne peut qu'évoquer les travaux de My Dying Bride, le chant féminin rappelle le Gothic de Paradise Lost, tandis que le désespoir qui l'imprègne et le son pétrifié des guitares fleurent bon les vertes années d'Anathema. Pour autant, le groupe, s'articulant autour du chanteur - bassiste Andrew Tompkins, du gratteux Jason De Ron et de Jayson Sherlock derrière les fûts, n'est pas dénué d'une certaine identité, identité qui est davantage à chercher dans la durée parfois excessive des titres que dans une origine géographique singulière qui ne transparaît de fait jamais.
Du haut de ses 17 minutes, "The Unatural Conception" ouvre le bal de la plus imposante des manières. D'une lenteur étouffante, ce morceau, pourtant emprunt d'une solennelle majesté, vous écrase d'entrée de jeu avec ses riffs comme prisonniers d'un bloc de granite et son rythme pachydermique. Autant dire que le groupe ne passe jamais la seconde, embourbé qu'il est dans la tombe qu'il creuse peu à peu. Et quand résonnent les dernières notes de "Removed Of The Grave", la mise en bière est proche... avant le réveil de l'autre côté du Styx. Exhuming Of The Earth est comme une chappe de plomb qui s'abat sur vous, symbole d'une faute qu'il est impossible d'expier. La thématique de la mort, que de nombreuses références religieuses (le Nouveau Testament sur "Untombed") viennent renforcer, forme le socle d'où émane une musique d'une infinie tristesse. Véritable cathédrale de souffrance, cet album est comme un bloc opaque dont les contours se perdent dans une brume infranchissable. Grâce à lui, Paramaecium, qui se verra bientôt rejoindre par Mournful Congregation à l'extrémisme musical encore plus marqué, porte haut l'étendard du doom death sur des terres que l'on n'aurait pas cru voir s'abîmer dans un tel torrent de désolation. La suite, malheureusement, ne sera pas aussi réussi. (28.02.2007) ⍖⍖⍖
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