Satanic Warmaster - Exultation Of Cruelty (2024)


Figure de la chapelle extrême finlandaise, Lauri Pentillä est un homme très occupé, entre son label Werewolf Records et ses multiples groupes dont la liste est aussi épaisse que le bottin (Grieve, Vargrav...). S’il tâte parfois de la noise avec Toteslaust, le rapprochant en cela de son compatriote Mikko Aspa (Clandestine Blaze mais aussi Grunt ou Clinic Of Torture), Lauri a surtout le black metal chevillé au corps, genre qu’il honore notamment avec Satanic Warmaster, à la fois son principal port d’attache et l’un de ses projets les plus sulfureux (moins pourtant que Gestapo 666 !) du fait de sa proximité avec la mouvance NSBM. Ce dont, au contraire des gauchistes qui le vomissent pour cela, on se fout comme de notre première hostie. Mieux, c’est aussi pour cette réputation honnie que nous apprécions tant cette entité culte et lui avons même pardonné un Aamongandr (2022) dont les atours plus directs et rapides n’étaient pourtant pas à notre goût, préférant le voir ramper dans un registre plus glacial et lancinant. Or, quelle fut pas notre bonne surprise de constater que Exultation Of Cruelty plutôt que de creuser le sillon bestial de son prédécesseur, renoue justement avec la veine malsaine et nocturne de Nachzehrer (2010). 


Ce faisant, ce sixième méfait longue durée rappelle qu’il existe bien une magie de l’art noir le plus orthodoxe, expliquant pourquoi, dès lors qu’ils sont le fait de musiciens habités, ces voix de gargouilles écorchées, ce son qui grésille et ces riffs pollués déjà entendus des milliers de fois (au bas mot) suffisent à inoculer un venin ténébreux, à déclencher une transe funèbre, à façonner tout un univers mental, vampirique et forestier. Ainsi, alors qu’il n’y a, à l’image des titres de ses morceaux, absolument rien à attendre d’original de ce nouvel album de Satanic Warmaster, ce black metal dans sa forme la plus pure fonctionne encore. Toujours. ‘Black Circle Of Death’, dont la vélocité furieuse est brisée par de pesantes falaises dressées dans la nuit, ‘Exhale The Vapor Of Starlit Tombs’, neuf minutes hypnotiques qui suintent une inexorable décrépitude ou bien ‘Harken The Bells Of Damnation’ que cisaillent d’obsédantes morsures, illustrent admirablement cet immuable verbe des ténèbres. Même l’instrumental brumeux ‘Lord Of Blood And Darkness (Der Drachenprinz)’) ou la désolation noire du répétitif ‘A Dead Rose For A Dying World’ font leur petit effet. Deux ans après la relative déception suscitée par Aamongandr, Exulation Of Cruelty arbore le visage de Satanic Warmaster qu’on lui préfère, porté sur les reptations à la fois malsaines et torrentueuses, engourdi par les ambiances obscures. (29.12.2024) ⍖⍖⍖

Commentaires

Random posts

En vrac

Plus d'éléments

Goddess

Accueil