En décembre 1941, l’attaque japonaise de Pearl Harbor provoque l’entrée des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale. Dès lors Hollywood, qui n’avait toutefois pas attendu cet évènement déclencheur pour prendre parti et diffuser une propagande antinazie de plus en plus virulente (The Mortal Storm de Frank Borzage en 1940 par exemple), est appelé sous les drapeaux pour usiner des films au patriotisme farouche. Cet effort de guerre cinématographique bat son plein en 1943. L’aventure inoubliable s’inscrit dans ce contexte où même les comédies musicales sont mises à contribution. Pilote d’avion héroïque, Fred Atwell passe quelques jours de permission à New York. Lassé d’être reconnu, il troque l’uniforme pour des vêtements civils et tombe amoureux d’une jeune femme qui souhaite devenir reporter de guerre. Désireux de préserver sa tranquillité anonyme, il lui cache son identité, allant jusqu’à feindre un détachement qu’elle prend pour de la lâcheté. Elle découvrira qui est véritablement son amoureux juste avant qu’il n’embarque dans l’avion qui doit le conduire vers de nouveaux combats dans le ciel.
Le conflit mondial ne sert donc que de prétexte à une inoffensive comédie romantique, malheureusement plus chantante que dansante. Certaines chansons sont célèbres (‘My Shining Hour’, ‘One For My Baby’ plus tard popularisée par Frank Sinatra qui se l’appropriera) mais on préfère lorsque Fred Astaire danse, ce qu’il ne fait qu’à deux reprises, la première fois avec Joan Leslie, la seconde, seul, où il brise des verres avec ses pieds le temps d’un petit bijou chorégraphique. The Sky’s The Limit ne mérite d’être vu que pour ces deux scènes. Quoique sympathique, le reste est aussi bavard qu’anodin. A fortiori, Fred Astaire n’est pas franchement convaincant en pilote d’avion et le couple qu’il forme avec Joan Leslie (Sergent York), au demeurant pétillante, est dénué de cette magie dont bouillonnait le duo qui l’a rendu célèbre avec Ginger Rogers dans les années 30, de Carioca à La grande farandole. Film parmi les plus méconnus de Fred Astaire, cette aventure n’est donc pas vraiment inoubliable. A noter la participation encore furtive de Robert Ryan qui n’a rien à faire si ce n’est être là dans un coin de l’écran. (24.07.2024) ⍖⍖
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