Spock's Beard - Feel Euphoria (2003)


Spock’s Beard souffrirait-il du syndrome Genesis ? La preuve par deux. Premièrement, comme son ainé, le groupe américain a perdu son charismatique chanteur et leader (Neil Morse, touché par la foi !), qui est désormais remplacé par le batteur, Nick D’Virgilio, tout comme Phil Collins avait supplée la désaffection de Peter Gabriel. Secundo, la musique commence à prendre une teinte plus commerciale, comme Genesis en son temps. Suite au départ de Morse, principal compositeur et parolier de la formation, on ne donnait honnêtement pas cher de la peau de celle-ci. Et finalement, ce Feel Euphoria s’avère être une très bonne surprise, car on se rend compte que, le Beard, c’était un peu l’arbre qui cachait la forêt. Traduction : Neil Morse donne aujourd’hui l’impression d’avoir quelque peu étouffé le talent de ses petits camarades de jeu, talent qui ne demandait qu’à s’extraire de sa gangue. Allons même plus loin (ce qui ne sera sans doute pas au goût de tous) : à l’écoute des furieux et sublimes « Onomatopoeia » ou « Feel Euphoria », on se demande si finalement le départ du chanteur ne fût pas salutaire, les derniers albums des Américains en sa compagnie, commençant un petit peu à tourner en rond, et ce, en dépit d’une qualité incontestable. 


C’est donc un nouveau Spock qui se dessine peu à peu : une nouvelle voix, moins originale mais agréable et rafraichissante et une musique qui, si elle conserve la marque du groupe, tend à se faire plus rock, plus accessible également (« Shining Star », « East Of Eden, West Of Memphis », néanmoins illuminé par une partie instrumentale de folie et magnifiquement progressive). Cet septième album se divise en trois partie : la première se compose de six titres du feu de dieu (dont la plupart on déjà été cités plus haut), alternant fureur, virtuosité et émotion ; la seconde repose sur une longue suite typique du combo, œuvre éblouissante de D’Virgilio, bien dans la tradition, et qu’éclairent les interventions d’Alan Morse à la guitare et de Ryo Okumoto aux claviers ; enfin, un dernier titre, « Carry On »,  achève l’ensemble en beauté. Certes, la folie et le génie qui faisait tout le charme de Spock’s Beard ont déserté mais, Feel Eurphoria, album de transition peut-être, se pose d’ors et déjà comme un de ses meilleurs opus. (2007) ⍖⍖⍖

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