Therion - Live Gothic (2008)


Pour utiliser une métaphore littéraire que son écrin soigné en forme de digibook suggère, Live Gothic marque réellement la fin d’un chapitre dans le récit de la vie de Therion, formation qui a su au fil des années imposer son identité et surtout sa musique, son gothic metal wagnérien, loin désormais de débuts où il usinait un death metal finalement assez banal. En effet, la tournée dont cette livraison restera un témoignage précieux, s’est terminée avec le départ des frères Niemann, Kristian (guitares) et Johan (basse) ainsi que celui du batteur Petter Karlsson. Quant à la troupe de chanteurs accompagnant le groupe sur scène, son avenir au sein de Therion est pour le moins incertain. D’ailleurs, le grand Mats Leven a été le premier à plier bagages, remplacé dorénavant par l’ex-Candlemass Thomas Vikström. Christofer Johnsson est donc plus que jamais le seul maître à bord. Pour autant, l’homme, d’une perfection obsessionnelle, aime le travail bien fait et Live Gothic n’a rien d’un produit au rabais. Enregistré à Varsovie, on a la chance de pouvoir admirer le concert de visu (le DVD) ou se contenter de la version audio en deux disques. En 22 titres tout de même, il fait le tour du propriétaire en privilégiant en toute logique les dernières salves, le diptyque Lemuria / Sirius B (« The Blood Of Kingu », « An Arrow From The Sun », « The Son Of The Sun », « Lemuria ») et bien sûr Gothic Kabbalah avec pas moins six extraits : « Der Mitternachtslöwe », « The Falling Stone », le très beau « The Perennial Sophia », « Son Of The Slaves Of Time », « Tuna 1613 » et « The Wand Of Arabis ». 


Vovin (dont le grandiose « Wine Of Aluqah »), Crowing Of Atlantis (avec la reprise du « Thor » de Manowar), Deggial, Secret Of The Runes et bien entendu Theli avec le classique « To Mega Therion », se partagent l’autre moitié du menu. De fait, les puristes regretteront que Johnsson occulte toute la période pré-Theli, riche tout de même de quatre offrandes. Au moins ne fait-il pas double emploi avec le Live In Midgard de 2002. En revanche, rien à dire quant à l’interprétation : la machine est rodée et les interventions de Mats Leven (quelle puissance, quel charisme !), Snowy Show, Lori Lewis et Katarina Lilja ne manqueront pas de vous filer des frissons. Les grands moments se succèdent (« Der Mitternachtslöwe », « Schwarzalbenheim », « Son Of The Slaves Of Time », « Rise Of Sodom And Gomorrah »,  « Ginnungagap »…) mais face à ce Live Gothic de haute volée, auquel on préférera Celebrators Of Becoming – Live In Mexico, publié en 2006, on a néanmoins l’impression au final que Therion est parvenu au bout de quelque chose, sinon de son apogée, du moins de l’achèvement d’un style souvent imité mais jamais égalé. On ne voit pas comment Christofer Johnsson  pourrait aller au-delà sans se répéter. Quelle direction le Suédois décidera-t-il d’emprunter ? Il serait peut-être bien inspiré de tenter autre chose sans pour autant renier son identité. Nous attendons donc la suite avec impatience… (23/08/08) ⍖⍖

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