Totalselfhatred - S/T (2008)


TotalSelfHatred a vu la nuit en 2005 et vient enrichir la longue cohorte de hordes finlandaises exaltant les Ténèbres. Nouveau venu certes, mais ses géniteurs ont déjà pas mal bourlingué dans les eaux fétides du genre. On y repère notamment deux membres du révéré Horna (dont l’ex-guitariste, Saturnus, ici planqué derrière la lettre A.) ainsi que le musicien de sessions de Tyranny en live ( ?), J.. Avec un tel pedigree, on se doute que le jeune puceau en colère qui vomit sa haine de la race humaine et du conformisme, ne va pas vraiment faire dans la guimauve et encore moins dans la grandiloquence symphonique façon Dimmu Borgir ou Cradle Of Filth. Non, on parle ici de l’Art Noir, du vrai, du pur. Noir c’est noir donc et TotalSelfHatred répand son mal être, son profond malaise teinté d’un désespoir absolu par le biais d’un black metal râpeux et cru. Pour autant, peut-être est-ce dû à ses origines finlandaises, mais cette première plongée dans les abîmes reste étonnamment mélodique et accessible (« Sledge Hammered Heart » et ses notes de piano désincarnées, par exemple), en dépit des cris écorchés du chanteur dont on a l’impression qu’un tortionnaire échappé de l’Inquisition est entrain de lui arracher la peau. Et il en redemande en plus le canaillou ! 


Ni rapides (quoique « Spirituelles Equilibrium » ou « Carving » foncent par moment pied au plancher) à en faire exploser les compteurs de vitesse ni lentes comme une marche funèbre mais chargés de vibrations négatives intenses, ces longues agonies prenant tout leur temps pour installer un climat étouffant et sinistre (elles oscillent entre 5 et 7 minutes), que tissent des guitares vicieuses et obsédantes, possèdent cette faculté d’avaler toute source de lumière même pendant un chaud mois d’août. Tout le paradoxe de TotalSelfHatred réside dans cette ambivalence entre d’un côté la décrépitude affichée, les ondes suicidaires libérées par des musiciens qui maîtrisent parfaitement leur art et de l’autre, la facilité avec laquelle ces titres à la construction plus élaborée qu’il n’y paraît  et rehaussés d’arrangements soignés, impriment leur marque dans les esprits. Le monumental « Mighty Black Dimensions », haineux et maladif bien que toujours mélodique, en témoigne, tout comme l’irrésistible « Enlightment » qui ouvre l’album.  Le groupe n’en est donc que plus redoutable. Moins extrême que Horna bien que tout aussi misanthropique, cette nouvelle entité livre donc un premier jet des plus prometteurs. On a hâte de voir ce que la bête a dans le ventre sur une scène car son black metal risque d’y faire des ravages. Tous ne sortiront pas indemne de cette musique profondément masochiste…  (06.08.2008) ⍖⍖⍖

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