A bien des égards, Bandildo Caballero est un paradoxe. Echec commercial, il jouit pourtant d’une belle cote auprès des cinéphiles, français plus particulièrement. Présenté comme un western, il exhale avant tout la sueur du film d’aventures, planté dans le Mexique secoué par la révolution. Au milieu des explosions et des fusillades, Robert Mitchum trimbale sa nonchalance légendaire qu’on ne saurait toutefois confondre avec du je-m’en-foutisme. Il y campe un mercenaire américain qui se range du côté des rebelles mais ses motivations ne sont pas très claires. Face à lui, un Gilbert Roland tout en panache, incarne un général révolutionnaire plutôt atypique, loin des représentations à la fois exaltées et hirsutes habituelles. D’ailleurs, il n’y a pas vraiment de méchants dans le film. Bien sûr, une femme (la méconnue Ursula Thiess) se glisse dans l’histoire, épouse d‘un trafiquant d’armes que Mitchum convoite mollement, néanmoins elle ne partage rien non plus avec les vamps à la beauté agressive qu’Hollywood affectionne.
Les décors eux-mêmes surprennent, paysages verdoyants, église monumentale et plage léchée par la mer remplissent ainsi l’écran de manière inattendue. Œuvre charnière entre Vera Cruz et Il était une fois la révolution, Bandido Caballero ne ressemble donc jamais à ce qu’il a l’air d’être, brouille les pistes, joue avec les codes du genre, (faux) western inclassable dont l’ambiance envoûtante, nourrie par le technicolor flamboyant de Ernest Lazlo, supplée une intrigue au ton peu sérieux à laquelle, après une amorce savoureuse restée dans les mémoires (Mitchum qui avec son flegme coutumier, balance des grenades du haut d’un balcon), on se désintéresse malheureusement bien vite, ses enjeux dilués dans une filandreuse succession de péripéties. Agréable à tout le moins, la rencontre entre Richard Fleischer et le grand Bob déçoit par conséquent. (13.04.2025) ⍖⍖
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