Charles Lamont - Deux Nigauds chez Vénus (1953)

Bobine de fin de carrière pour ce duo dont la surprenante popularité n’a jamais réellement franchi les frontières des Etats-Unis, Deux nigauds chez Vénus ne jouit pas d’une réputation flatteuse. A l’instar de ceux parmi ses prédécesseurs qui puisent dans le bestiaire horrifique de la Universal (Frankenstein, l’homme invisible…) afin de donner un nouveau souffle au tandem alors en perte de vitesse, il se laisse pourtant regarder sans déplaisir… A condition bien sûr de pouvoir patienter jusqu’à l’atterrissage de la fusée sur Vénus que peuplent des femmes sexy moulées dans des shorts de bain, fantasme tenace d’Amazones de l’espace, cher à la SF de romans de gare. Mais avant cela (donc les deux tiers de la pellicule!), il faut supporter les pitreries pas drôles de ce duo comique peu attachant, censé remplacé Laurel et Hardy et auquel on en préfère d’autres, Jerry Lewis et Dean Martin ou plus tard les Italiens Franco et Ciccio, en tête et très nettement. 


La longue séquence du carnaval de Mardi Gras dans la ville de la Nouvelle-Orléans que nos (anti) héros croient être la planète Mars (?) est laborieuse tandis que, trop envahissants les deux taulards en cavale (interprétés par Jack Kruschen et Horace McMahon) parasitent en outre cette histoire invraisemblable dont on a d’ailleurs du mal à croire qu’elle ait possiblement pu être inspirée par une idée du grand auteur de science-fiction de l’âge d’or, Robert Heinlein ! Au vrai, seuls la mise en scène soignée de Charles Lamont, que Abbott et Costello ont toutefois moins inspiré – on comprend pourquoi - que Yvonne De Carlo (La belle esclave), des décors et costumes presque trop réussis pour un divertissement de ce morne acabit et surtout la beauté aguichante de ses actrices, Martha Hyer, Mari Blanchard en reine des Vénusiennes et une cohorte de figurantes parmi lesquelles Anita Ekberg encore débutante, assurent le modeste charme de cette comédie gentiment anodine. Un gag amusant néanmoins : le petit film rempli d’Apollons musculeux censés être les hommes vivant naguère sur Vénus que projette la reine Allura à nos quatre Terriens afin de leur signifier qu’ils ne valent physiquement pas un clou !(25.06.2025) ⍖⍖


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