Francesco Maselli - Un couple pas ordinaire (198)


Un couple pas ordinaire. Cela pourrait être le titre d’une de ces anodines comédies romantiques américaines de ces trente dernières années. C’est pourtant celui d’un film italien des années 60, bluette il est vrai toute aussi inoffensive par ailleurs. Que Francesco Maselli, scénariste pour Fellini (Amarcord) et réalisateur de quelques œuvres importantes du patrimoine de la péninsule, brûlots antifascistes (Les égarés, Le soupçon) ou drames réalistes (Les dauphins, Les deux rivales), l’ait signé paraît franchement incompréhensible, quand bien même, Tue-moi vite, j’ai froid (1967)  démontrait déjà que les sujets plus légers n’étaient pas pour lui déplaire. Sans pour autant lui convenir. Souvent brillante, quoiqu’elle abuse des zooms et autres effets visuels alors à la mode, témoin les déambulations des deux protagonistes dans les rues de New York, sa mise en scène n’est que l’écrin artificiel d’une histoire qui l’est tout autant, comédie invraisemblable mais rarement loufoque, tricotée autour d’un vol de bijoux. Le résultat arrache à peine quelques sourires, manque de folie, à l’exception des trop rares apparitions de Tomas Milian dans un rôle finalement anecdotique, et échoue à captiver durant presque 110 minutes de bobines qui aurait mérité des coups de ciseaux bienvenus. 


Ruba Al Prossimo Tuo est circonscrit en vérité au seul couple que forment Rock Hudson et Claudia Cardinale que la caméra ne quitte jamais. Malheureusement, rien ne se passe entre les deux, moins dans tous les cas que dans Les Yeux bandés (1965) qui les réunissait déjà.  Encombré par sa grande carcasse et affublé de lunettes qui lui donnent de faux airs de Cary Grant, l’Américain brille par son inexpressivité, rappelant que la comédie, qu’il a pourtant beaucoup besognée, lui sied moins que le suspense (Destination Zebra, station polaire) ou le fantastique paranoïaque (L’opération diabolique, certainement son meilleur film). Apathique en policier, il apparaît à l’opposé de sa partenaire, ce qui était sans doute assumé mais ne fonctionne pas pour autant. En toute logique, c’est Claudia Cardinale qui fait le film, joyeuse et désirable en toutes circonstances comme voleuse. Elle est alors peut-être la plus belle femme du monde et sans elle, A Fine Pair n’aurait aucun intérêt. Que celui-ci ait sombré depuis dans l’oubli, malgré son affiche séduisante et la contribution d’Ennio Morricone, peu mémorable il est vrai, n’augurait pas de toute façon d’une réussite injustement méconnue. Dont acte. A voir pour Claudia au sommet de sa beauté. (01.07.2025) ⍖⍖


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