Melville Shavelson - C'est arrivé à Naples (1969)


Honnête scénariste de comédie (Le laitier de Brooklyn avec Danny Kaye, C’est pas une vie, Jerry avec le duo Martin / Lewis), le bilan de Melville Shavelson comme réalisateur se révèle en revanche plus mitigé, ses films les plus célèbres ne devant guère leur relative postérité qu’aux stars qui lui ont prêté leur talent, de Charlton Heston (Le pigeon qui sauva Rome) à Kirk Douglas (L’ombre d’un géant), du couple Paul Newman / Joanne Woodwark (La fille à la casquette) à Henry Fonda (Les tiens, les miens, le nôtre) et bien sûr Sophia Loren associée tout d’abord à Cary Grant dans La péniche du bonheur puis à Clark Cable dans C’est arrivé à Naples qui nous intéresse présentement. En 1958, Houseboat rencontre un certain succès que la Paramount a sans aucun doute espéré réitérer en jetant la belle Italienne que le studio a alors sous contrat, dans les bras d’un autre vétéran d’Hollywood en une même formule romantique. Las, It Started In Naples se soldera lui par un échec tant critique que commercial. Il est fréquent de lire que l’œuvre souffre de la présence fatiguée de l’éternel  – mais vieillissant – interprète de Rhett Butler, qu’éclipserait la volcanique Romaine croquant toutes les scènes à pleines dents (quand elle danse plus particulièrement). Il est néanmoins permis de penser justement le contraire ! 


L’élégance tranquille du vieux lion, Clark Gable porte en effet encore beau face à une Sophia Loren comme toujours énervante malgré une sensualité radieuse incontestable. Aidés par des dialogues percutants, ils ont toutefois de savoureux moments entre deux, quand bien même on ne croit guère au couple qu’ils finissent par former. Le charme pittoresque de Capri, éclairée par toute une palette de couleurs chatoyantes du maître Robert Surtees, fait le reste, davantage qu’un scénario cousu de fil blanc. On se doute ainsi que Clark Gable ne se mariera pas comme prévu et restera en Italie, séduit par Sophia Loren, afin d’élever le fils caché de son frère défunt. Quant à l’opposition qui lui sert de ressort, entre l’Amérique aussi affairiste que coincée et le sud de l’Italie, fidèle aux images d’Epinal, grouillante et joyeuse, elle est facile mais fonctionne néanmoins. De sorte que, pas plus mauvais que d’autres comédies du même acabit, C’est arrivé à Naples échappe agréablement aux affres du temps et se laisse toujours voir sans déplaisir, avant-dernier film de Clark Gable qui décèdera quelques mois plus tard après avoir tourné Les désaxés de John Huston, avec une toute autre réussite il va sans dire... (26.06.2025) ⍖⍖


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