Dans les années 30 et 40, c’est la mode à Hollywood des titres qui désignent une héroïne par son (fort) tempérament : La rebelle, L’insoumise, La possédée…, autant de véhicules pour des actrices au caractère tout aussi bien trempé. L’indomptée, c’est donc Barbara Stanwyck dans un mélodrame comme les affectionnait à ce moment de sa carrière. Elle est Polly Fulton, fille unique d’un puissant industriel. Alors qu’elle est promise à un brillant avocat issu du même milieu social qu’elle, la jeune femme tombe contre toute attente amoureuse d’un intellectuel gauchiste sans-le-sou qui n’a de cesse de brocarder le capitalisme. Touchée par sa franchise qui cache une certaine vulnérabilité, elle devine que cet homme a besoin d’une femme à ses côtés. Très vite, ils finissent par se marier au grand dam du papa, qui espérait une autre vie pour sa fille. Après bien des aléas sur fond de Seconde Guerre mondiale, Polly comprend qu’elle n’est rien sans Tom.. Elle n’est donc pas si indomptée que cela.
L’histoire de la fille de riche épousant un type de condition inférieure qui supporte mal de vivre au crochet de belle famille argentée, n’est pas neuve mais, dénonçant le libéralisme et son corollaire l’individualisme, elle s’enrichit ici d’une curieuse réflexion sur le socialisme dans un pays qui se méfie alors de cette idéologie associée à l’ennemi soviétique. De là sans doute l’échec rencontré par B.F’s Daugther dont la morale gauchisante suspecte ne fut pas au goût du public. Au vrai, le film se révèle surtout ennuyeux, dénué de grands enjeux dramatiques. Fortes du savoir-faire et de l’identité visuelle de la Warner, mise en scène et production ne sauraient susciter la moindre réserve. L’interprétation ne peut davantage être prise en défaut. Barbara Stanwyck est parfaite avec ce mélange d’exaltation et de sensibilité, Charles Coburn est comme toujours savoureux et les seconds rôles, Keenan Wyn, Spring Byington en tête, impeccables. Seul Van Heflin se montre en revanche peu attachant. Mais ses qualités ne suffisent pas à combler une intrigue qui ne déclenche qu’une indifférence polie, condamnant L’indomptée à être le bel écrin d’une romance vide et sans passion. (22.06.2025) ⍖⍖
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