Rudolf Zehetgruber - F.B.I. contre l’œillet chinois (1964)


S’il en possède le vernis suranné (noir et blanc, Londres comme cadre brumeux, Klaus Kinski en type louche), F.BI. contre l’œillet chinois n’appartient pourtant pas au krimi mais davantage à l’eurospy avec savant menacé inventeur d’une formule révolutionnaire, nièce ravissante et héros viril. D’ailleurs, le film ne puise pas son matériau dans l’œuvre d’Edgar Wallace mais dans celle, plus modeste, de Louis Weinert-Wilton dont quatre adaptations seront tournées pour profiter de la mode du krimi justement. Après The Carpet Of Horror (1962) et The White Spider (1963) de Harald Reinl puis The Secret Of The Black Widow (1963) de Franz Josef Gottlieb, Das Geheimnis der chinesischen Nelke est la dernière d’entre elles que signe Rudolf Zehetgruber. S’il a braconné sur les terres du (faux) krimi (Le manoir de l’étrangleur, Piccadilly minuit douze), ce dernier reste surtout connu pour ses aventures de Commissaire X (Chasse à l’homme à Ceylan), son western féministe avant l’heure Le triomphe des sept desperadas (qui sera diffusé à la télé par Arte !) et la série La Coccinelle qui n’a rien à voir que celle de Walt Disney. 


F.BI. contre l’oeillet chinois, c’est donc tout le charme de ce cinéma de genres ouest-allemand des années 60, entre polars et bandes d’espionnage usinés à la chaîne par les mêmes cinéastes chevronnés et embauchant une distribution elle aussi quasi identique d’une bobine à l’autre. Klaus Kinski est donc de la partie, lequel évidemment bouffe l’écran, sans encore trop en faire, tandis que Horst Frank, qui a promené sa gueule reconnaissable entre mille entre l’Allemagne l’Italie et même la France (il est Theo, le gérant de la distillerie dans Les tontons flingueurs), s’impose en fait comme le véritable héros du film, éclipsant le big Jim Brad Harris, inodore et néanmoins vigoureux. Le casting féminin est avantageux, incarné par la blonde atomique Olga Schoberová (La déesse des sables) et surtout Dominique Boschero dans la peau de la vilaine épicée. Introduite par ses jambes terminées par de hauts talons, son apparition est follement érotique. Si on s’amusera de ces voitures qui n’ont pas le volant du bon côté (à gauche donc alors que l’intrigue est censée se dérouler en Angleterre !), l’ensemble habillé d’un noir et blanc automnal ne manque ni d’action ni de saveur, mêlant espionnage et whodunit dans le froid creuset du krimi. (24.07.202) ⍖⍖

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