Henry King - Le cygne noir (1942)

Genre cinématographique très vaste, le film d’aventures peut se diviser en de nombreux sous-genres parmi lesquels figure le film de pirates, presque un genre à part entière durant l’âge d’or d’Hollywood, avec ses règles et ses moments obligés. Si Capitaine Blood (1935) et L’aigle des mers (1940) de Michael Curtiz avec Errol Flynn en constituent les plus illustres représentants, Le cygne noir, sans atteindre la qualité et l’ampleur de ces derniers, n’en demeure pas moins un des classiques du genre. Contrairement à son concurrent la Warner (qui a produit les œuvres de Curtiz), la Fox mise elle sur la couleur, ce qui nous vaut un très beau spectacle où mes multiples teintes colorées se marient en une chatoyante symphonie. Le loup de mer Henry King tient fermement la barre et mène son galion à bon port, avec une grande maîtrise, même si sa mise en scène ne possède pas le lyrisme de celle de Curtiz. Le cygne noir reste fidèle aux conventions du genre, avec le héros viril, excellent escrimeur par surcroît, la belle de caractère qui feint un apparent mépris à son égard avant de finir dans ses bras à la fin du film, un vilain redoutable comme il se doit et quelques seconds rôles sympathiques pour accompagner tout cela. 


Pour camper ces divers personnages, la Fox a mis le paquet, en soignant une distribution impeccable. Tyrone Power prête son charme ténébreux et son humour au pirate repenti qui se bat et roucoule avec une même aisance. Pour lui, la tâche est rude, il doit affronter Maureen O’Hara, la rouquine volcanique (quoique encore assez docile), dont la beauté est magnifiée par l’usage de la couleur, et George Sanders, évidemment savoureux en coquin, quand bien même il est méconnaissable sous sa grosse barbe rousse et son affreuse perruque. Ce qu’il y a d’agréable avec The Black Swan et plus généralement avec tous ces films d’aventures de l’époque, c’est qu’ils ont le bon goût de ne pas se prendre trop au sérieux, n’hésitant jamais à délivrer un humour parfois proche de la parodie. Comme le western ou le péplum (à quelques notables exceptions près), le films de pirates est tombé dans une totale désuétude et ce n’est pas le laborieux et prétentieux L’île aux pirates (1996) de Renny Harlin qui risque de remettre le navire à flots d’une manière durable...  (2001) ⍖⍖⍖


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