Ishirō Honda - L'homme H (1958)

Après Godzilla (1954) auquel il est identifié (au point d’éclipser le reste d’une filmographie qui mérite mieux que ce raccourci), Ishirō Honda imagine dans L’homme H la ville de Tokyo menacée cette fois-ci par des hommes liquides (?), en fait des voyous transformés en mutants par une espèce de blob radioactif. Point de monstres gigantesques à l’horizon donc mais un péril de même origine atomique, preuve supplémentaire du traumatisme subi par les Japonais suite aux bombardements  qui ont anéanti Hiroshima et Nagasaki en août 1945. Le message final, récité par une voix off au ton grave, qui alerte des risques qu’encourt l’humanité si elle s’entête à poursuivre dans cette funeste voie nucléaire, est à ce titre sans équivoque. Comme toujours, Honda est épaulé par le fidèle Eiji Tsuburaya qui bricole des effets spéciaux souvent magnifiques (le port de Tokyo léché par les flammes purificatrices), parfois maladroits cependant (la fille bouffée par le blob), combinés à des décors très réussis (les entrailles du navire). 


Lorsqu’il mise sur une science-fiction à la lisière du film catastrophe, H-Man délivre un spectacle efficace, dont la poursuite à travers les égouts qui l’achève  n’est pas sans rappeler, la couleur en plus, Des monstres attaquent la ville, classique de la SF américaine des années 50 lui aussi inspiré par le danger atomique. En revanche, sa partie policière, biberonnée au film noir US accuse de fâcheuses baisses de rythme, particulièrement durant les scènes chantées dans le cabaret dont le scénario aurait pu (dû) faire l’économie car elles n’apportent rien au récit si ce n’est le freiner inutilement, embarrassées qui plus est par une interprétation sans grand relief. Emballé dans un format serré (à peine plus de 80 minutes), L’homme H n’ennuie toutefois jamais, fort d’images impressionnantes qui s’incrustent dans la mémoire. (11.08.2025) ⍖⍖



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