John Ford a déclaré un jour qu’il se considérait comme un réalisateur de western. Effectivement, dans l’imaginaire collectif, Ford = western (= John Wayne aussi). C’est pour cela que de prime abord, à la vue du cadre enchanteur qui sert de théâtre à La taverne de l’Irlandais, on peut être quelque peu surpris. C’est oublier un peu vite que le metteur en scène américain (d’origine irlandaise d’ailleurs) a livré des chefs-d'œuvre aussi varié que Les raisins de colère, L’homme tranquille ou L’aigle vole au soleil, et sans cowboys dedans. De plus, outre la présence de John Wayne, principal repère de l’œuvre fordienne, les thèmes chers au cinéaste se retrouvent tout au long de l’histoire : l’importance de a famille, l’attachement à la religion catholique, le sacrifice ainsi qu’un humanisme toujours prononcé.
On y rencontre aussi le même type de rapport homme / femme que dans The Quiet Man dont Donovan’s Reef se veut très proche. La présence de Wayne y est sans doute pour beaucoup, l’acteur cultivant dans ses films des rapports généralement similaires avec le sexe opposé, conflictuels tout d’abord avant l’inévitable rapprochement. Bref, La Taverne de l’Irlandais est un film totalement fordien. Il s’avère aussi souvent très drôle, empreint de cet humour proche d’une certaine gaillardise, parfois délirant aussi, notamment avec ce personnage extraordinaire de Gilhooley, interprété par un Lee Marvin des grands jours. Magistralement filmé avec la sobriété, l’élégance et le classicisme coutumiers de Ford, La taverne de l’Irlandais offre un spectacle particulièrement réjouissant et salvateur et demeure sans aucun doute le dernier chef-d'œuvre du maître. (2001) ⍖⍖⍖⍖
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