Du cinéma bis philippin, on connaît surtout les bobines fauchées de Cirio H. Santiago (The Muthers) ou de Gerardo de Leon (Women In Cages) mais celles-ci s’inscrivent en vérité dans une longue tradition fantastique. Réalisé en 1960, Gabi ng Lagim en témoigne, film à sketchs inspiré d’un feuilleton radiophonique du même nom. Des quatre segments d’origine, il n’en reste plus que trois. La copie qui circule est très abîmée, comme c’est le cas de beaucoup de vieux longs métrages philippins, au mieux mal conservés, au pire carrément perdus. Mais loin d’être rédhibitoire, ce mauvais état qui souille son noir et blanc poussiéreux vient finalement nourrir le caractère sinistre de cette ténébreuse bande horrifique. Comme souvent avec les films à sketches, l’ensemble s’avère inégal.
Le meilleur est le premier, coulant le thème de la femme vampire dans le cadre rural de l’Asie du Sud Est. Zombie vengeur aux mains tranchées et maison hantée qu’investit un groupe d’adolescents alimentent les deux autres épisodes avec une réussite plus relative car moins effrayants sinon poétiques. Nimbé d’une atmosphère sépulcrale, Gabi ng Lagim reste étonnamment accessible, illustrant que le cinéma fantastique philippin développe une approche du genre conforme aux conventions occidentales, contrairement à certains de ses homologues asiatiques dont l’expression horrifique se veut souvent plus singulière voire bizarre. Quand bien même elle ne saurait rivaliser avec les classiques de la Hammer, de Corman ou du gothique italien qui lui sont contemporains, l’œuvre mérite néanmoins d’être vue, au moins à titre de curiosité. (04.08.2025) ⍖⍖
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