Terence Fisher - Les deux visages du docteur Jekyll (1960)


Toujours fasciné par la thématique du Bien et du Mal, Terence Fisher ne pouvait trouver meilleur terreau à l’exploitation de cet éternel affrontement qu’à travers l’histoire de Dr Jekyll et Mr Hyde. Parmi la tripotée d’adaptation du célèbre roman de Robert Louis Stevenson, dont certaines sont de grande qualité (la version de Victor Fleming plus particulièrement), Les deux visages du docteur Jekyll apporte un réel sang neuf à cette histoire. Dans les versions antérieures, Jekyll est beau tandis que Hyde est monstrueux. Pour la première fois, grâce à un ingénieux scénario, la situation s’inverse, faisant de Hyde un dandy londonien néanmoins bestial. Le mal peut se tapir sous diverses formes et pas nécessairement sous les plus repoussantes. Au contraire et comme souvent chez Fisher qui aime cultiver l’ambiguïté, le méchant est beau et élégant, le gentil terne et austère. Le Mal enveloppe littéralement tout le film, faisant de celui-ci une véritable descente aux enfers, peuplé uniquement de personnages sombres, veules et antipathiques (Hyde bien sûr mais aussi Paul Allen et l’épouse de Jekyll), évoluant dans les bas-fonds londoniens et autres lieux sordides. 


La vision de la capitale britannique peinte par Fisher, aux teintes admirablement photographiées par Jack Asher, est d’une noirceur totale, à l’image de la malfaisance des protagonistes dont elle est le miroir. Le film nous fait pénétrer dans les arcanes de la débauche où se côtoie toute une aristocratie décadente, cible favorite du réalisateur. Ce long métrage demeure très impressionnant et ce, grâce à des scènes chocs, typiques du cinéaste, comme la mort de Dawn Addams. Peut-être en raison des contraintes budgétaires, les transformations de Jekyll se déroulent toujours hors champ. Le film n’en perd pourtant pas en efficacité, incitant Fisher à redoubler d’inventivité pour suggérer les métamorphoses, comme cette séquence durant laquelle Jekyll, dont on ne voit que la main, est en train de rédiger une lettre. C’est par le contenu de celle-ci que l’on comprend que Hyde a repris possession du corps du docteur. (2001) ⍖⍖⍖




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