003 Agent secret n’est pas le eurospy le plus fameux (si tant est que le genre ait enfanté un film qui puisse être considéré comme tel) mais il est assurément l’un des plus extravagants. Ainsi, après un début typique – et assez terne - de ces sous James Bond italiens, la bobine bascule à la croisée du péplum oriental et du fantastique (le mythe de l’Atlantide). Ce qui ne surprend pas tant que cela venant de Domenico Paolella, un de ces artisans du bis rital sans prétention mais non sans métier, qui a surtout œuvré dans le film d’aventures (L’île aux filles perdues avec Michèle Mercier) et le péplum justement, auquel il a offert quelques petits classiques (Ursus le rebelle, Hercule contre les tyrans de Babylone, L’enfer de Genghis Khan), avant de tâter, au gré des modes, du western (Django, prépare ton exécution), du polar (Equipe spéciale) et même de la comédie polissonne (Trois dans un lit).
Décors échappés tout à tour d’un bon vieux Maciste ou d’une science-fiction de série B (la salle souterraine) confèrent donc à Agente S 03: operazione Atlantide sa particularité et son charme désuet, sans toutefois ni l’exonérer d’une certaine anémie ni le distinguer réellement des autres europsy dont il aligne les qualités et les défauts récurrents. Action aussi nerveuse que décontractée, rythme soutenu et jolies filles (Bernardina Sarrocco, Cristina Gaioni davantage qu’une Erika Blanc qu’on cherche encore) incarnent les premières, intrigue décousue, péripéties guère palpitantes et bellâtre un peu mou (le pale John Ericson au cas particulier) pour héros, les seconds. On attendait plus ludique, autant de la part Domenico Paolella que de ce curieux mélange d’espionnage, de péplum et de SF, que ce europsy finalement comme les autres dans sa médiocrité. (18.10.2025) ⍖
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