Darkthrone - Pre-Historic Metal (2026)


Nocturno Culto et Fenriz en ont toujours fait qu’à leurs têtes. Ce qu’on pense d’eux, ils s’en foutent comme de leur premier slip. Cette attitude est agréable à une époque où règne un conformisme auquel n’a pas échappé le black metal, genre devenu souvent ennuyeux (pour rester poli) alors qu’à l’origine, il se voulait quasi punk dans l’âme et vraiment méchant. Ce n’est pas donc maintenant, quarante après leurs débuts, que les deux Norvégiens vont changer. Pre-Historic Metal est à leur image. Entre son titre digne de Gwar ou d’un mauvais groupe de power metal et sa pochette des bois garantie sans IA dedans (ce qui est rare désormais) figurant un barbu tout clouté qui prend la pose en hurlant, une fourche piquée dans la ferme d’à côté à la main, on a d’abord cru à une blague. Mais non, il s’agit bien du nouveau méfait des grands-pères du black metal, pas moins sérieux que sur The Underground Resistance par exemple. Au vrai, malgré ses airs parodiques, Pre-Historic Metal a toute sa place dans la dernière partie de carrière de Darkthrone. Et doublement. D’une part, il participe, comme tous ses prédécesseurs, au moins depuis FOAD, à ce retour aux sources du mal voulu par ses géniteurs qui n’ont jamais caché leur amour pour le bon vieux heavy des familles avec la voix coincée dans la braguette (‘The Dry Wells Of Hell’, sur lequel plane l’ombre de King Diamond) et le thrash primaire voire carrément primitif. ‘They Found One Of My Graves’ (que nimbent cependant de discrètes nappes d’un vieux synthétiseur) ou ‘Reat Eat Eat  Your Pride’ semblent ainsi être d’obscures reliques déterrées du permafrost. 


D’autre part et s’il a remisé les longs titres de mise sur Eternal Hails…, l’inséparable duo ne déserte pourtant pas les terres glaciales aux confins d’un doom forgé à l’âge de pierre que Arctic Thunder ou Old Star labouraient avec un éclat sinistre. 'Siberian Thaw', 'Deeply Rooted' illustrent ainsi ce goût pour les tempos ralentis, prisonniers d’une roche froide, tandis que ‘Eon 4’ qui continue une suite commencée sur Astral Fortress et poursuivie sur It Beckons Us All, erre dans les limbes d’un doom antédiluvien qui n’oublie pas ses racines heavy metal. Enfin, la piste instrumentale et électroniques aux effluves hantées ‘So I Marched To The Sunken Empire’ rappelle que Fenriz a toujours été un grand fan du rock cosmique allemand de Klaus Schulze et Tangerine Dream qui lui ont inspiré le lointain et éphémère projet Neptune Towers. Pre-Historic Metal est-il un album de black metal ? Pas réellement. C’est en tous cas du pur Darkthrone dernière période, rustre et épais, le manche lourd planté dans un metal rétrograde. Il n’est pas le meilleur album de Nocturno Culto et Fenriz mais là encore, ils s’en foutent. (28.05.2026 | MW) ⍖⍖ 

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