Hypnosis - The Synthetic Light Of Hope (2008)


Beaucoup auraient baissé les bras depuis belles lurettes, auraient déposé le bilan, mis la clé sous la porte. Pas eux. En dépit d’un manque injuste de reconnaissance et de succès (publique), Hypnosis enfante malgré tout aujourd’hui son cinquième opus. Qui dit nouvel album dit malheureusement encore une fois, nouveau label. Espérons que le trio sera plus chanceux avec Great Dane qu’avec les précédents et que ce soit le début d’une collaboration durable. Et comme d’habitude, c’est un sans faute pour le groupe. Dense, tendu comme une érection matinale, bloc de violence épidermique, The Synthetic Light Of Hope s’inscrit dans la continuité de ses aînés et notamment de Seeds Of Hate. Il y délivre ce death metal implacable rongé par des effluves cybernétiques, d’une froideur toute industrielle. Ces neuf pulsations sont parfaitement architecturées, plus courtes qu’autrefois, témoins du sens de l’équilibre dans la composition à laquelle les Français sont désormais parvenus. Mais Hypnosis montre également un visage beaucoup plus brutal que jamais. Plus désespéré aussi. Les paroles se passent ainsi de commentaires (« Dead, I am dead, Nothing’s left to be found inside, Cold, I am cold… ») ou bien encore « I am lost in my solitude » éructe par exemple Pierre durant « My Deepest Soltiude »)  Moins mélodique bien que toujours aussi technique, de fait moins accessible aussi, cette cuvée est une masse synthétique d’énergie noire, un abîme sanguinaire et déshumanisé. 

Aucune lumière ne vient caresser de sa chaleur cette musique désincarnée. Sans vie. Même le chant clair de la guitariste Cindy, dont le recours s’avérait fréquent  pour souligner les vocalises d’outre-tombe masculines sur les disques précédents, est cette fois-ci utilisé avec davantage de parcimonie (« The Day We Failed », l’intro du titre éponyme, celle de « Wasted Land »…) ou du moins d’une manière moins systématique. Crépusculaire, puissant et d’une grande intensité,  The Synthetic Light Of Hope progresse à flux tendu et ne laisse donc que bien de peu de répit à l’auditeur, du massif « Blood Tears » au terminal « [Kill Me] When I Dream », quand bien même son pouvoir d’envoûtement, que drainent des riffs robotiques, reste intact. Détenteur d’une identité et d’un son qui n’appartiennent qu’à lui, Hypnosis continue de progresser, seul mais épaulé par des fans fidèles qui seront comme toujours comblés par un album grâce auquel, par contre, le groupe a peu chances d’embrasser un public plus nombreux. Ce que l’on ne peut que regretter. Actuellement en tournée, n’hésitez pas à aller le soutenir. (06.11.2008) ⍖⍖

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