Actrice engagée et féministe, désireuse par ailleurs de casser l’image un peu trop lisse que l’immense succès de la série Ma sorcière bien-aimée lui a collée, Elizabeth Montgomery enchaîne dans les années 70 les téléfilms dont les sujets aux résonances sociétales font battre son petit cœur de gauchiste. Violée dans A Case Of Murder (1974), le plus fameux du lot, éprise d’un Noir dans A Killing Affair (1977), elle est brutalement agressée dans Act Of Violence qu’il ne faut confondre ni avec son homonyme réalisé par Fred Zinnemman en 1948 ni avec Over The Edge de Jonathan Kaplan, sorti cette même année 1979 et avec lequel il partage un titre français presque identique (Violences sur la ville d’un côté et Violence dans la ville de l’autre). Ceux, que la présence de Paul Wendkos derrière la caméra, auteur de quelques polars (Le cambrioleur), westerns (Le salaire de la haine, Les canons de Cordoba), film fantastique (Satan, mon amour) ou téléfilms (A Tattered Web) de bonne mémoire, additionnée à une jaquette prometteuse où une femme est étendue par terre, ses vêtements déchirés, à la merci de trois loubards dans une ruelle sombre, ont ferré en seront toutefois pour leur frais.
Act Of Violence n’est pas une version féminine du Justicier dans la ville. En effet, son propos n’est absolument pas la quête vengeresse mais plutôt la manière dont une agression et le traumatisme qui en découle viennent bouleverser une femme dans sa vie et ses certitudes. Elizabeth Montgomery incarne une journaliste qui prétend que les femmes riches cherchent délibérément à se faire détrousser en provoquant par leurs atours luxueux les pauvres petits voyous, jusqu’au jour où elle est agressée à son tour. Choquée, recluse dans une paranoïa pesante et ses idéaux progressistes fracassés contre la réalité, elle entame alors un long et douloureux travail sur elle-même. De là l’ennui que finit par susciter ce téléfilm que seule l’agression au centre de son histoire, saisie avec toute l’âpreté nécessaire par Paul Wendkos, sabre d’une brève tension. Le bilan est identique à celui de A Killing Affair. Totalement investie, l’actrice se montre convaincante au service d’un produit télé qui l’est quant à lui nettement moins, drame morose davantage que thriller poisseux. (03.12.2025) ⍖
.jpg)


Commentaires
Enregistrer un commentaire