Lyrinx - Nihilistic Purity (2007)


Il est des entités qui, à force de se maintenir dans l’opacité de l’underground, finissent par devenir des graals mystérieux pour tout ceux qui cherchent à mettre l’oreille sur eux. Lyrinx en est un bon exemple. Pour moi, ce groupe anglais, cela a tout d’abord été un nom, qui circulait. Je savais qu’avec ces mecs, on tenait du lourd, du culte, du suicidaire. Ca été par la suite une discographie squelettique, seulement composée pour l’instant de EP et de splits (avec Austere ou bien Elysian Blaze), rapidement épluchée. Puis enfin, la chance de pouvoir (enfin) posséder une des œuvres du groupe, son second mini album (six titres, dont un bonus, pour près de quarante minutes tout de même) gravé en 2007, Nihilistic Purity, découvert par l’entremise du label Those Opposed Records. Parfois, lorsque celle-ci est trop longue, trop intense, l’attente aboutit à une déception, comme le puceau qui ayant trop attendu le moment où il pourrait s’enfoncer dans la caverne intime d’une femme, ne parvient finalement pas à jouir le jour où cela se produit enfin Lyrinx, lui, tient toutes ses funestes promesses. Atmosphères sinistres de décrépitude, chant écorché et hystérique à la Bethlehem, production grésillante et minimaliste, riffs qui sont autant de coups de scalpel dans la peau, toute les éléments de la panoplie du black metal dépressif sont bien alignés comme des pinces à linges sur un fil mais les Anglais parviennent déjà à les transcender, à les dépasser, à jouer avec ces codes désormais bien connus. 

Malsain et douloureux, Lyrinx sculpte un art qui n’appartient qu’à lui. Il parvient à ériger un monument de souffrance absolu tout en évitant de patauger dans la lenteur digne d’une limace qui s’est shootée au Valium. Longues, ces plaintes savent pourtant ne jamais se paumer dans un labyrinthe brumeux dont elles ne connaîtraient pas l’issue. Le black metal des Anglais est âpre, il possède la caractère minéral de la pierre et n’est donc jamais noyé dans une sorte de magma nébuleux aux confins de l’ambient dans lequel nombre d’autres masochistes de son genre  aiment à se complaire, parfois même avec une réussite certaine (Leviathan, Velvet Cacoon, Striborg…). Bref, Lyrinx reste ancré dans la roche noire et ne lorgne pas vers d’autres contrées voisines, comme le doom notamment. Il n’a néanmoins rien à envier à quiconque en terme de négativité poisseuse et donc de nihilisme. Son mal-être, son désespoir terminal, le groupe le répand d’une manière brute et organique, tandis que les guitares, très présentes, sont rongées par la rouille. Vertigineux et plombé par la pourriture, Nihilistic Purity témoigne déjà de la maîtrise de ses géniteurs pour dépeindre des paysages de désolation ravagée. Ils iront encore plus loin par la suite… et le pire est malgré tout à venir, surtout n’en doutez pas…  (15.01.2009) ⍖⍖⍖

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