Avocat de formation, André Cayatte n’a eu de cesse d’ausculter la société française et d’analyser notamment le système judiciaire, dénonçant la peine de mort (Avant le déluge), les écueils de l’instruction (Le dossier noir) ou l’injustice (Les risques du métier). Dans L’amour en question, son dernier film, il ne renonce pas à son combat en filmant une histoire de double erreur judiciaire. Mais à la fin des années 70, sa carrière suit un déclin que même A Chacun son enfer (1977) ne peut freiner. Comme La raison d’état qu’il tourne également en 1978, sa dernière réalisation pour le cinéma ne suscite guère que l’indifférence du public comme de la critique malgré la présence d’Annie Girardot, alors l’une des comédiennes françaises les plus populaires. A raison, malheureusement.
Après un début prometteur où le mari d’une femme adultère est abattu en caméra subjective, L’amour en question s’installe ensuite très vite sur des rails, ennuyeux par son intrigue (que Cayatte signe pourtant avec le romancier Jean Laborde), ternes par sa mise en scène sans éclat visuel. De solides acteurs (Annie Girardot, Bibi Andersson, Georges Geret, Michel Auclair) et voix (Dominique Paturel) ou visages (Jacques Morel) familiers lui assurent une bonne tenue mais la plupart d’entre eux paraissent sous-employés à l’image de Michel Galabru qui, après Le juge et l’assassin de Tavernier, confirme, en mode mineur toutefois, une facette plus sombre de son talent. Quant à John Steiner, anglais de sang mais surtout italien à l’écran (Milano Violenta, Caligula), il semble s’être trompé de film. Sa dernière partie plus intéressante, opposant dans les tribunaux les justices française et britannique, ne suffit pas à exempter d’une amère déception ce film de facture trop télévisuelle et miné par une démonstration bien artificielle (26.03.2022) ⍖⍖


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