Wolfheart - King Of The North (2022)


Alors qu'il avait décidé en 2014 de mettre fin à tous ses autres projets afin de se concentrer sur Wolfheart, devenu au fil du temps un groupe à part entière, Tuomas Saukkonen a étonnamment relancé Dawn Of Solace (en 2019) et Before The Dawn (en 2021). Mais il n'abandonne pas pour autant son principal port d'attache, comme l'illustre ce King Of The North survenant deux ans après un Wolves Of Karelia de bonne mémoire. Premier contact avec ce sixième album, son titre n'augure pas d'une création particulièrement originale. Les Finlandais ne désertent ni le Grand Nord et ses paysages froidement épiques ni ce mélo death dont ils récitent le crédo avec force application et savoir-faire. Dans le genre, Wolfheart s'est imposé comme une valeur sûre et nous le rappelle encore une fois avec ce nouveau disque dans la droite lignée de ses aînés. A peine noterons-nous une influence Amorphis plus marquée qu'à l'accoutumée, témoin ce 'Skyforger' qui ne fait pas qu'emprunter son nom au groupe de Esa Holopainen, amorce lente et majestueuse au demeurant excellente qui bénéfice par ailleurs de l'apport notable du guitariste Vagellis Karzis dont la voix claire (qui n'est pas sans rappeler celle de Tomi Joutsen) s'accouple habilement aux growls du maitre des lieux. 


A ce sujet, les lignes s'avèrent particulièrement travaillées, jouant sur l'opposition entre obscurité teigneuse et clarté frissonnante ('Knell') ou en convoquant des invités de luxe et étonnamment éloignés de l'univers des Scandinaves (Jesse Leach de Killswitch Engage et Karl Sanders de Nile) pour un résultat très réussi ('Ancestor' avec le premier des deux). Drapée dans des arrangements d'une beauté glacée (notes de piano et orchestration sur 'The King' par exemple), l'œuvre brille par l'équilibre atteint par Wolfheart entre férocité ténébreuse et mélodies cristallines. La première doit beaucoup à la frappe millimétrée de Joonas Kauppinen ('Desolate Land') et à des incartades du côté du black metal ('Fires Of The Fallen'), les secondes à ces guitares entêtantes aux allures de vigie perçant une brume blafarde ('Headstones'). Production imparable, écriture affutée et exécution idoine commandent un album qui ne saurait susciter la moindre réserve mais ne suffisent pourtant pas à en faire autre chose d'un simple disque de plus pour Wolfheart, aussi solide soit-il. Les amateurs du genre seront séduits, ce qui est le principal. (20.11.2022 | MW) ⍖⍖

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