D’aucuns considèrent Master Of Puppets, troisième pierre à l’édifice de sa carrière, comme le chef-d’œuvre du groupe ; il paraît difficile de ne pas leur donner raison. Cet opus, c’est un peu alors le monsieur plus de Metallica au regard de ses deux excellents prédécesseurs : plus abouti, production plus puissante, des titres plus réussis et des musiciens encore davantage maître de leur art. Bref, au sommet de son inspiration, le gang de Frisco poursuit son ascension vers le sommet et se trouve prêt à entrer dans l’histoire. Master Of Puppets s’inscrit dans le sillage de Ride The Lightning dont il semble prendre comme base de travail deux des meilleures compositions, « For Whom The Bell Tolls » et « The Call Of Ktulu ». Mieux construits, parfois presque progressifs (dans le bon sens du terme), au point d’avoir sûrement influencé les ténors du metal prog à la Dream Theater et consorts, les huit titres qui le composent sont aptes à laisser une trace indélébile dans la mémoire de tous métalleux qui se respectent.
Sans temps morts, les morceaux de bravoure s’enchaînent, telle une litanie d’agression canalisée et imparable. Le terrible « Battery » ouvre le feu, avec son intro acoustique ; le groupe ne débandera plus dès lors jusqu’à l’éjaculation finale « Damage, Inc », avec quelques montées de sèves dignes d’un étalon souffrant de priapisme : l’épique « Master Of Puppets », le redoutable « The Thing That Should Not Be », l’envoûtant « Welcome Home » et surtout l’instrumental du feu de dieu, « Orion ». 8 titres, 8 bombes. La preuve, vingt ans après, la galette n’a pas pris une ride et le groupe peut même se permettre de le jouer en intégralité durant certains concerts ! Le fait qu’il marque la dernière apparition musicale de Cliff Burton – il décédera quelques mois plus tard dans l’accident du van qui véhiculait le quatuor sur les routes européennes -, lui confère encore plus de valeur. La fin d’un chapitre donc, car Metallica ne sera désormais plus jamais le même, au point que les puristes affirment, sans doute à raison, que l’âme du groupe s’est envolée avec le bassiste. (29.08.2007) ⍖⍖⍖⍖


Commentaires
Enregistrer un commentaire