Asinhell - Impii Hora (2023)


De prime abord, on n'associe pas Michael Poulsen, le leader de Volbeat (est-il nécessaire de le rappeler) au metal qui fait peur. Quelle ne fut donc pas notre (bonne) surprise de le retrouver à la barre de Asinhell, projet parallèle destiné à épancher sa soif de bon vieux death des familles. On ignorait que le danois aimait patauger dans les viscères funèbres et ensanglantés, ce qu'il fait non sans réussite comme l'illustre Impii Hora, premier signe de mort de ce trio au sein duquel il assure les guitares (évidemment) mais confie le chant à l'ex Morgoth Marc Grewe, gage de qualité et d'authenticité s'il en est. A ce titre, on ne saluera jamais assez l'excellente idée d'avoir convoqué ce vétéran de la scène death metal européenne qui par sa seule présence, enténèbre ce galop d'essai avec une force charbonneuse. Sa voix possède le grain idéal, comme frotté avec du papier de verre, pour revisiter un genre dans sa définition la plus pesante et sinistre tel qu'édifiée par Entombed, Bolt Thrower et autre Asphyx. 


Gorges profondes caverneuses à souhait et guitares accordées plus bas que terre commandent un album prisonnier d'une gangue mazoutée, le tempo à la fois plombé et mordant ('Wolfpack Laws') quoique de parfois plus frénétique ('Island Of Dead Men'), les coutures presque thrash propices à vous déboiter les cervicales ('Inner Sancticide'). Eu égard aux talents réunis au mètre carré, l'ensemble est forcément très bien fait. Trop peut-être. Le groupe prend incontestablement son pied et nous par la même occasion, ferrés par des saillies à la brutalité cendreuse et millimétrée mais Impii Hora n'en demeure pas moins presque trop aimable pour emporter totalement l'adhésion des fans du genre. Malgré la voix délicieusement âpre de Marc Grewe, Asinhell n'est donc pas Apshyx. Trop propre et recherchée, la prise de son manque de naturel tandis que Poulsen ne peut s'empêcher, avec brio au demeurant, de décocher des soli dont les lueurs mélodiques paraissent incongrues au sein d'un menu censé remuer les enfers ('The Ultimate Sin'). En définitive, Impii Hora se veut plus un hommage, très réussi à bien des égards, qu'une œuvre vraiment personnelle, ce qui, fort de saillies très efficaces, n'enlève rien au plaisir immédiat d'en sucer les boyaux. (14.10.2023) ⍖⍖

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