Kamala - Karma (2023)


(Evidemment) ferrés par la présence d'une ravissante jeune femme, très judicieusement positionnée au centre des photos promotionnelles qui circulent à son sujet, nous nous attendions à trouver en Kamala un énième groupe à chanteuse. En vérité, la jolie frimousse d'Isabela Moraes ne doit pas vous tromper, la belle n'est pas là pour jouer les Castafiore mais au contraire pour malmener ses fûts ! Point de roucoulades féminines donc chez ces Brésiliens qui dégueulent un chant masculin, plutôt teigneux par surcroît. Car non content de brouiller les pistes en mettant en avant sa cogneuse (et quelle cogneuse !), le trio continue d'égarer celui qui ne le connaîtrait pas encore en drapant son nouveau cru au titre lui aussi trompeur (décidément !) d'une pochette aux teintes faussement méditatives. Bref, tout ça pour dire que Kamala n'est vraiment pas ce qu'il a l'air d'être puisqu'il martèle un pur thrash des familles et ce, depuis près de vingt ans et six albums (dont ce petit dernier). Son âge vénérable lui assure une solide expérience dans un registre rageur technique sans jamais sacrifier les mélodies sur l'autel de la brutalité. 


Ca bastonne donc sévère, ça envoie le petit bois mais l'ajout d'une voix féminine qui vient parfois doubler celle, testiculeuse, du guitariste Raphael Olmos (sur 'Never Enough' par exemple), caresse d'une douce et bienvenue lumière ces saignante saillies. Le court instrumental 'Dharma' qui exhale d'ensorcelantes volutes orientales, se veut du plus bel en cela qu'il vient rompre, même trop discrètement, un tempo appuyé en mode rouleau-compresseur qui finit par manquer quelque peu de nuances. Là réside le seul défaut de ce Karma certes techniquement affuté dont l'écriture millimétrée ne creuse malheureusement pas de profondes morsures dans la mémoire. Les titres se succèdent, en béton armé, parfois mémorables ('Forgive The Week'), toujours efficaces, sans qu'on en retienne toutefois grand chose  si ce n'est ces éruptions féminines et le sentiment de se faire trouer la rondelle. Ce n'est déjà pas si mal et on devine les ravages que ce méfait devrait occasionner sur scène en mettant à rude épreuve nos cervicales. Gageons que les amateurs de thrash sauront l'apprécier comme il le mérite. (26.02.2023) ⍖⍖

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