Jusqu’à présent, c’était surtout par l’entremise de Albert Witchfinder, pasteur du Reverend Bizarre, que le nom de Minotauri circulait. L’homme considère les membres du groupe comme ses frères au sein du triumvirat du True Doom finlandais, dont le troisième côté du triangle se trouve être les chevronnés – mais malchanceux – Spiritus Mortis. Le révérend ayant des goûts admirables (n’est-il pas un fan absolu de Burzum ?), nous étions impatient de pouvoir jeter une oreille (mais pas seulement) sur l’œuvre du Minotaure scandinave. Las, aujourd’hui que sort enfin son deuxième album grâce au label Firebox, nous apprenons que celui-ci s’avère être aussi son chant du cygne. Déjà. Et après s’être fourré cette galette dans les cages à miel, on ne peut que regretter la décision du groupe de tout laisser tomber, oh, non pas que Minotauri soit la plus grande invention depuis l’eau chaude mais son heavy doom est bien sympathique et passe aussi facilement qu’une bonne chope d’hydromel. On aime aussi son esthétique viking qui fait toujours son petit effet (superbe visuel soit dit en passant).
Sorte de petit frère de Reverend Bizarre avec lequel il noue des liens qui sont de véritables câbles (même formule du power-trio, même goût pour la NWOBHM et le heavy épique de Manilla Road, sans oublier une similarité troublante entre les voix d’Albert et de Ari Honkonen, ainsi que l’enregistrement en 2003 d’un split réunissant les deux formations), mais un Reverend auquel on aurait rogner les ailes l’empêchant par là même de se déployer ; Minotauri donne l’impression de fait d’en être une version light, plus heavy que doom. Pas d’épopées de plus de 10 minutes (voire plus) ici, mais des titres plus ramassés, plus carrés sans doute, qui savent faire le tour de la question en respectant le format chanson. Plus terre à terre (ce n’est pas une critique), la musique du trio ne possède donc pas la dimension quasi mythologique de celle forgée par son auguste aîné. Moins grandiose peut-être, mais bigrement efficace et pourvu en contrepartie par moment d’un grain des guitares grésillant quasi Black Metal (« Kill To Live » ou le lancinant « Black (Magic) Triangle »). R.I.P. Minotauri et que tu reposes désormais au Valhalla ! (22.08.2007) ⍖⍖
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