Même si Forgone n’est que son deuxième album (sans compter deux mini), Mirror Of Deception reste une formation bien connue et respectée chez les doomeux car les Allemands sont sur le circuit depuis 1990. C’est pourquoi aussi, cette nouvelle cuvée semble si mature pour un second chapitre. Son doom traditionnel à la Solstice, un cran en-dessous toutefois, a eu le temps de vieillir dans un fût de chêne. Il a été rôdé à coups de démos et de concerts ; il est aujourd’hui à point avec sa robe épaisse et grise. Forgone est une œuvre douloureusement tragique qui égrène son désespoir par l’entremise de titres pachydermiques qui ne sombrent pour autant pas dans l’écueil de la longueur excessives – ils ne dépassent que très rarement les 6 minutes -, portés par une gravité qui donne tout son sens au mot Doom.
Les guitares plombées et le chant expiatoire d’une faute impardonnable sont les instruments de ces sentiments. Cet opus évolue en mode crescendo. Les premières pierres, « Forgone Way » et « Inscrutable » ne sont pas, bien qu’efficaces, les plus convaincantes. Les choses sérieuses débutent avec « Bleak », tandis que, peu à peu, les titres gagnent en qualité (citons le poignant « Mirthless »), cependant qu’ils se parent aussi d’une noirceur de plus en plus prégnante. Sans génie, mais carré et sans bavure, Forgone est à même de séduire ceux qui pensent que c’est dans marmite du heavy que l’ont cuisine le meilleur doom, le plus pur également. (20.08.2007) ⍖⍖


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