Monolithe - II (2005)


Comme son principal instigateur, Sylvain Bégot, du groupe de Dark Doom Anthemon, l’avait promis lors de la sortie du remarqué premier album, sort aujourd’hui le second pan du Monolithe, projet exclusivement studio dont le concept original s’avère idéalement résumé dans son nom : composer à chaque fois un seul et unique titre de près d’une heure (une cinquantaine de minutes pour être précis) ; véritable bloc figé qui semble s’enfoncer dans les arcanes de la terre ; forteresse ténébreuse et opaque dont on peine à percevoir le sommet. Composé et enregistré peu après le premier volet, autour d’une équipe identique, menée, outre Sylvain Bégot, par le comparse de celui-ci au sein de son principal port d’attache, le bassiste Marc Canlers, et surtout par Richard Loudin, chanteur et activiste bien connu, non pas des services de police, mais des adorateurs du dieu Doom, du fait de son propre groupe, Despond. 

Pourtant, peut-être est-ce parce que l’effet de surprise joue moins cette fois-ci, Monolithe II et son visuel digne de 2001 : l’Odyssée de l’espace, se révèle moins réussi que son aîné. Les ambiances noires et suicidaires sont toujours distillées avec la même puissance pétrifiée, tandis que certains motifs, certains paysages sonores dévastés renvoient directement au premier volume, le groupe ne parvient pas ici à éviter une certaine linéarité, ni une redondance qui donne l’impression que cette agonisante complainte tourne quelque peu en rond. De fait, il mérite encore plus que son prédécesseur son nom ; il est un monolithe d’une austérité exigeante, dont l’appréhension n’est jamais facilitée par quelque accélérations ou progressions, contrairement à sa moitié. Moins accessible donc, Monolithe II n’en reste pas moins un très bon album de Funeral Doom, sombre et pesant comme il se doit, qui remplit aisément le cahier des charges qui a présidé à sa conception. Il prouve en outre que cette chapelle d’un genre lui-même marginal, n’est pas (plus) l’apanage des Scandinaves et des Finlandais en particulier (Unholy, Skepticism, Shape Of Despair, Tyranny). Bien que l’hexagone n’ait pas une réelle culture doom, une scène française glorifiant cette musique de la douleur commence néanmoins peu à peu à émerger, et cela ne peut que nous réjouir.(16.09.2007) ⍖⍖⍖

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