Moonlight - Candra (2002)


La Pologne n’usine pas uniquement des groupes de black metal de série Z ou cultivant une idéologie nationaliste (voire plus) douteuse ; le pays est aussi le théâtre du scène gothic à chant féminin plutôt active, même si là encore, les formations en question végètent bien souvent au fond de l’ornière de la seconde zone. Darzamat (le plus extrême de tous) ou Delight sont quelques noms qui évoqueront sans doute quelque chose aux aficionados de ce courant davantage portés sur la médiocrité, le banal, que sur l’excellence. Affilié à cette chapelle, Moonlight a le bon goût pourtant d’être plus proche de The Gathering que de Within Temptation ou Lacuna Coil. 


Bref, loin du gothic pompeux et pompier, le groupe peint des paysages atmosphériques empreints d’une mélancolie poignante, parfois proche de l’electro, souvent calmes et introspectifs, énervés par moment (l’énigmatique « Body Dialogue »), toujours inspirés. Moonlight ne joue clairement pas dans la même division que la bande à Anneke, néanmoins il n’a pas à rougir d’un travail très honorable (à l’instar du magnifique « Asuu » et ses 13 minutes colorées de teintes progressives et psychédéliques)  qui a au moins le mérite de tracer, sinon sa propre voie, du moins de ne pas se contenter de n’être qu’une photocopie mal torchée des ténors de la scène gothic actuelle. Candra est bien produit, et bénéficie du talent de sa chanteuse, au physique certes peu girond, mais à la voix puissante et personnelle. La jeune femme n’hésite pas à chanter à capella le temps d’un titre (l’épuré « To See Yourself »). Un groupe à suivre donc qui mériterait une meilleure promotion hors d’Europe de l’Est, bien qu’il soit signé sur le plus gros label du pays, afin de s’extraire d’une certaine confidentialité pour le moins imméritée. (10.08.2007) ⍖⍖

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