KröniK | Dopelord - Songs For Satan (2023)


Evidemment, quand on choisit de baptiser un groupe Dopelord, ce n’est pas pour faire du black metal ! De fait, la musique gravée par les Polonais est conforme à ce qu’on peut en attendre : plombée et enfumée, qui sent autant la beuh que les dessous de bras. Dont acte. Et puis, on ne croise pas pour rien un ancien guitariste de Weedpecker (ça ne s’invente pas non plus, décidément!) parmi ses membres. Dopelord, c’est donc du garanti 100 % stoner engraissé d’une louche de doom velu. S’il ne se casse pas trop la tête, le quatuor connaît bien sa leçon, qu’il assène avec une efficacité qu’on ne saurait lui contester, à base de riffs telluriques et de voix de canard enrhumé. Un occultisme de série B et une touche sexy (confer la pochette de Black Arts, Riff Worship & Weed Cult : tout un programme !) complètent un décor balisé du sol au plafond. Songs For Satan succède à Sign Of The Devil, enfanté il y a trois ans. Encore une fois, question originalité, on repassera. 


Le contenu est à l’avenant, déjà-entendu et sans surprise. Un autre truc qui fâche : un menu un peu léger (façon de parler !) que ne composent finalement que cinq titres puisque les Polonais se sont sentis obligés de l’encadrer d’une courte intro et d’une outro, reprise de ‘Night Of The Witch’ par surcroît. Pour autant, Songs For Satan en a suffisamment entre les jambes pour satisfaire tout bon amateur de bûche. ‘The Chosen One’ écrase tout sur son sillage, implacable et rocailleux à souhait. ‘One Billion Skulls’ fait trembler les murs avec ses grosses pattes, sa basse qui patauge dans une épaisse couche de mazout et sa guitare qui timidement tente de s’extraire de cette marée noire. ‘Evil Spell’ se voile d’une suaire superbement désespéré tandis que ‘Worms’ surprend par ses vocalises quasi black. Sans oublier ce ‘Night Of The Witch’ obsédant, qui vous rentre dans la tête pour ne plus la quitter. Songs For Satan ne fera pas date dans l’histoire du genre  mais ces chansons pour Satan affolent le compteur Geiger, taillées dans un stoner goudronneux et pachydermique  qui fait toujours son petit effet. Une bonne pioche malgré un déficit d’originalité et les limites évidentes d’un groupe qui doit s’en moquer comme de son premier bédot. (04.12.2023) ⍖⍖

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