Mortal Love - Forever Will Be Gone (2006)


Alors que I Have Lost… avait mis plus de trois ans pour succéder à All The Beauty…, premier album grâce auquel nous avons découvert l’immense talent, toujours aussi peu reconnu aujourd’hui, des Norvégiens, ceux-ci nous reviennent déjà avec une troisième offrande. Cette rapidité, à laquelle les groupes contemporains ne nous ont guère habitué (c’est un nostalgique des années 70, qui noircit ces quelques lignes), pourrait laisser craindre le pire, le vite-torché, le bancal. Il n’en est heureusement rien. Toujours aussi romantique, mais un romantisme feutré duquel sourdre une mélancolie prégnante mais discrète typiquement scandinave, Mortal Love offre encore une merveille de gothic metal, raffiné, suave et envoûtant, qui braconne par moment sur les terres de la pop (« Of Keeping The Fire Down ») mais sans jamais sombrer dans la variété de bas étages ; souvent énergique (l’imparable « I Make The Mistake »), constamment superbe. Si on peut regretter que le chant masculin, pas transcendant, soit plus présent que sur les deux disques précédents, la voix pure et cristalline de la charmante Cat (quel nom exquis !) emporte de toute façon l’adhésion à chacune de ses interventions. 


La jeune femme fait souffler sur cette poignée de chansons finement ciselées une brise émotionnelle qui émeut et bouleverse. Loin de la vulgarité de certaines castra des caniveaux répandant leurs vocalises d’opérette dans nombre de formations affiliées à la même scène, ou de la banalité d’autres chanteuses, la norvégienne possède un timbre qui n’appartient qu’à elle, et qui est beaucoup dans le charme et la puissance d’une musique qui en constitue l’écrin parfait pour qu’elle puisse se déployer. D’aucuns jugeront sans doute ces séduisantes ritournelles par trop molles et sirupeuses (un titre comme « So I Betray The Mission », déverse pourtant des riffs bien lourds, de même que morceau éponyme, probablement le plus violent de tous), mais les amateurs de voix féminines et ceux que touchent cette froide tristesse des pays du Nord (le sublime et désespéré « Still It Has Only Just Began » et la longue  pièce «  Forever Will be Gone » que précède un dramatique et très beau instrumental au piano), eux devraient trouver leur bonheur dans cette nouvelle cuvée, certes moins réussie que ses deux aînés, mais pour autant, très recommandable, car toujours de bon goût. (05.07.2007) ⍖⍖⍖

 

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