Sur le podium des groupes les plus injustement méconnus, Mostly Autumn détient assurément la médaille d’or ! S’il rencontre un succès certain sur sa terre natale, la Grande-Bretagne, son nom peine encore à s’imposer dans le reste de l’Europe. Pourtant, les Anglais ont déjà huit offrandes dans leur besace, toutes plus remarquables les unes que les autres. Beaucoup les ont découverts avec Storms Over Still Water en 2005 mais leurs premiers galops d’essai portaient déjà en eux tout ce qui fait le charme de cette formation unique. Succédant à For All We Shared, l’aîné de sa discographie, The Spirit Of Autumn Past, malgré une pochette affreuse, se révèle être une œuvre sublime de bout en bout. Comparé aux derniers opus, plus puissants car irrigués par des influences puisées chez Deep Purple et son (ex) guitariste, Ritchie Blackmore, il explique pourquoi Mostly Autumn est toujours rattaché au rock progressif. Les spectres de Pink Floyd (toujours visible aujourd’hui) et de Genesis (quant à lui beaucoup moins) recouvrent tout du long de leurs ailes ces treize compositions écrites avec l’encre d’une tristesse diffuse. On ne saurait pourtant réduire le groupe uniquement aux influences qui l’inspirent. Car justement, sa grande force réside dans une identité affirmée dès le début, identité qui repose sur plusieurs éléments.
L’alternance entre un chant féminin émotionnel d’une beauté aérienne, celui de la superbe Heather Findlay et des vocalises masculines assurées par le guitariste Bryan Josh, lequel tisse aussi des soli à la David Gilmour qui s’envolent souvent très haut (« Evergreen », « The Spirit Of Autumn Past (Part II) », le final du monumental « The Gap Is Too Wide »), en est un premier. Tous les deux forment la colonne vertébrale du groupe. Le second élément est cette combinaison entre des touches celtiques délicates (« Winter Mountain », et surtout le rafraîchissant « Shindig ») que libère parfois un violon utilisé avec beaucoup de finesse et un climat automnal d’où surgit un tapi d’émotions. Toutes les chansons sont de véritables perles, de « This Great Blue Pearl », sur lequel plane l’ombre du gang où officiait jadis Peter Gabriel, au diaphane « Pieces Of Love », du bouleversant « Evergreen » au diptyque éponyme que mine un chagrin profond. Un mot sur la construction de The Spirit Of Autumn Past, qui se dévoile peu à peu, au fil des écoutes. A une première partie assez diversifiée, succède une seconde dont tous les titres, qui s’enchaînent les uns aux autres, semblent former les différents côtés d’un édifice commun. Un disque exquis et certainement l’un des plus folks et des plus progressifs écrit par Mostly Autumn, formation précieuse que ses fans chérissent comme un trésor connu d’une minorité seulement. A découvrir d’urgence ! (24/08/08) ⍖⍖⍖


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