Sans faire beaucoup de vagues, ce que l’on ne peut que déplorer, Mostly Autumn continue son bonhomme de chemin, livrant à chaque fois des albums solides, plaisants, surtout riches d’une profondeur émotionnelle qui en fait toute la valeur. Storms Over Still Water ne déroge pas à la règle, même s’il laisse de côté les atours celtiques qui sont pour beaucoup (mais pas uniquement) dans le charme que le groupe possède, pour se parer d’oripeaux plus hard rock, celui défendu par la Blackmore Family, celle de Deep Purple ou de Rainbow. La vieille école, quoi ! La meilleure également. Les premières attaques illustrent bien ce choix. « Out Of The Green Sky », « Broken Glass » et surtout le superbe « Ghost In Dreamland », de même que « Black Rain », aux fortes couleurs pourpres, montrent des musiciens qui ont bouffé du lion au petit déjeuner. Toutefois, hormis, le dernier cité, ce ne sont pas les titres les plus réussis du disque.
On peut leur préférer les nombreuses envolées progressives, sur lesquelles planent fortement le spectre du grand Pink Floyd, notamment en raison du jeu de guitare très gilmourien de Bryan Josh. Agglomérés dans la seconde partie de Storms Over Still Water, ces morceaux de bravoure épiques, grandioses et bouleversants, contribuent à donner à celui-ci des allures de feu d’artifice, d’orgasme sonore conduisant directement à la crise cardiaque, tant la jouissance à l’écoute de ces éruptions flamboyantes est énorme. Cela commence par le floydien « Candle To The Sky », qui semble tout droit sorti de Dark Side Of The Moon ou de Wish You Were Here ; se poursuit par la montée en puissance « Carpe Diem », monumental et tragique, illuminé par le chant de la sublime Heather Findlay et le jeu déchirant de Josh, avant de s’achever avec l’automnal et émotionnel titre éponyme et l’instrumental « Tomorrow ». Bien qu’inégal, Storms Over Still Water reste une pièce de choix pour tout amateur de rock racé, fin et d’une mélancolie à fleur de peau. (02.07.2007) ⍖⍖⍖


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