On ne rappellera jamais assez tout le bien qu'il faut (souvent) penser des téléfilms américains des années 70 qui parfois ne sont pas loin d'égaler en qualité les bobines pour grand écran. La disparition aurait pu (dû ?) en témoigner car il a pour lui de nombreux atouts. Un scénario écrit par l'immense Richard Matheson (qui adapte sa nouvelle), une réalisation confiée à Philip Leacock, auteur de Lutte sans merci avec Alan Ladd ou de L'homme qui aimait la guerre avec Steve McQueen, une distribution aussi solide qu'intéressante (Ned Beatty, Ross Martin, Dabney Coleman et surtout Cloris Leachman) et un récit tendu, niché entre quelques baraques crasseuses (un resto, un motel) planté au bord d'une route désertique annonçaient en effet un bon thriller. Ce que Dying Room Only s'avère être durant sa première moitié. Un couple s'arrête dans un routier pour manger un morceau. Le propriétaire et son seul client sont bizarres. La femme s'absente aux toilettes mais lorsqu'elle revient, son mari a disparu.
Commence alors une sorte de huis clos inquiétant. Face à des bouseux forcément louches, l'épouse se débat pour découvrir ce qui est arrivé à son conjoint, révélant un tempérament tenace. La tension s'installe très vite, laissant imaginer une effroyable vérité. Las, un dénouement expédié sinon bâclé conclut finalement une banale histoire d'enlèvement alors que la signature de Richard Matheson promettait non pas un climat plus horrifique mais à tout le moins une chute plus originale. Reste malgré tout un spectacle efficace, fourreau caillouteux d'une excellente performance de Cloris Leachman, actrice au talent trop sous-estimé en dépit d'une carrière assez fournie qui additionnent aussi bien Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill, La dernière séance de Peter Bogdanovich, Crazy Mama de Jonathan Demme ainsi que plusieurs Mel Brooks (Frankenstein Jr., Le grand frisson...). (02.12.2022) ⍖⍖



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