Jack Lee Thompson - Allan Quatermain et les mines du roi Salomon (1985)


Le succès rencontré par Les aventuriers de L'arche perdu (1981) suscite l'appétit des producteurs qui ont flairé le bon filon et réveille le film d'aventures que la science-fiction et le fantastique ont contribué à ringardiser à partir des années 70. Si ce renouveau inspire à un Robert Zemeckis le divertissant A la poursuite du diamant vert (1984), les inséparables Yoram Globus et Menahem Golan, quant à eux, ne se cassent pas trop la tête en jetant leur dévolu sur le personnage de Allan Quatermain imaginé par H. Rider Haggard qu'ils décident de ressusciter trente-cinq ans après l'adaptation fameuse de Robert Stevenson avec Stewart Granger et Deborah Kerr. Sauf que le scénario confond évidemment - et surtout volontairement - Quatermain avec Indiana Jones ! Ce à quoi participe, outre la partition de Jerry Goldsmith, l'interprétation toute en virilité bourrue de Richard Chamberlain, mélange de Clint Eastwood et de Harrison Ford. Le film de Jack Lee Thompson n'exsude pourtant ni le charme de la version des années 50 ni l'efficacité de la saga de Steven Spielberg et parait totalement anachronique dans le cinéma américain de l'époque. Une action incessante héritée des serials et un penchant bienvenu pour la parodie le sauvent néanmoins du naufrage. 


Le curieux s'amusera d'y croiser une Sharon Stone alors à ses débuts et en nunuche bien loin des rôles de femmes fatales qui feront sa renommée quelques années plus tard. Et il est cocasse d'avoir confié le rôle de l'officier allemand à Herbert Lom qui rappelons-le, était juif ! Cependant, plus proche de la série B de jadis que de l'aventure avec un grand A, cette tentative de dépoussiérage des Mines du roi Salomon ne joue  clairement pas dans la même catégorie que les films de Spielberg. Moquée par la critique, cette production Cannon rencontrera pourtant un certain succès public, qu'explique sans doute davantage la présence de Richard Chamberlain alors auréolé du triomphe des Oiseaux se cachent pour mourir, que sa qualité technique très mineure. Cette réception commerciale honnête encouragera les producteurs à bricoler une suite baptisée Allan Quatermain et la cité de l'or perdu réunissant les mêmes acteurs et dont la réalisation sera cette fois-ci assurée par Gary Nelson qui, après Le trou noir, inspiré par un autre succès, celui de La guerre des étoiles, est décidément abonné aux entreprises douteuses. Quant à Jack Lee Thompson, entre deux bronsoneries (La loi de Murphy...), il persistera dans cette voie avec guère plus de réussite à l'occasion du Temple d'or (1986) avec Chuck Norris, Lou Gossett Jr et Melody Anderson, toujours pour le compte de la Cannon (comme les Bronson d'ailleurs). Tout cela n'est pas très sérieux mais se rattache à une époque finalement plus légère et pas encore corsetée du tout par les injonctions diverses qui rongent le cinéma d'aujourd'hui... (16.01.2023) ⍖⍖


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