Sur le papier, 3 nuits de violence présentait suffisamment d'atouts pour raisonnablement nous enthousiasmer : une façon habile et assez unique d'accoupler l'eurospy au thriller, un réalisateur, Nick Nostro dont les quelques autres pellicules qu'il a troussées, du Triomphe des dix mercenaires (1964) au vaguement culte Superargo contre Diabolikus (1966) étaient l'assurance d'un divertissement bien mené et plus encore la beauté de Margaret Lee, exsudant le sexe par tous les pores. Las, c'était sans compter sur un Brett Halsey d'une molle virilité, jeune premier américain comme Hollywood en comptait par palettes entières dans les années 50, entraperçu dans Alibi Meurtrier (1954) ou La revanche de la créature (1955) et dont on se demande comment il a pu rencontrer un certain succès en Italie quelques années plus tard. Aussi peu concerné qu'inexpressif, il peine à faire croire à l'inquiétude de son personnage en quête d'une amie disparue.
En dépit d'un savoir-faire sympathique et sans prétention, Nostro ne convainc pas davantage, incapable de captiver avec un récit dont le monde sombre et violent qu'il fouille promettait pourtant un spectacle gourmand en douilles, poursuites et autres bastons violentes annoncées. Malheureusement, à l'exception de quelques rares scènes d'action qui, il est vrai, nous détachent de la torpeur qui nous envahit bien vite, il n'en est rien. Nonobstant une photographie aux couleurs chamarrée qui lui confère une patine chaude et nocturne, 3 nuits de violence ne vaut pas mieux qu'une morne série B américaine dont il se distingue par ce côté sexy que diffuse l'élégance charnelle d'une Margaret Lee qui n'a aucun mal à éclipser l'inodore Brett Halsey. Pour elle seule, ce Web Of Violence au titre mensonger, mérite un rapide coup d'oeil... (09.04.2023) ⍖


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