Derrière une vitrine généralement appétissante, promesse d'une action décontractée colorée d'une pointe sexy, nombre de bobines italiennes se révèlent décevantes, bien loin des appâts séduisants affichés. Tel est par exemple le cas de 4 malfrats pour un casse que bricole en 1967 avec son savoir-faire modeste mais chevronné Piero Pierotti, solide artisan du bis rital spécialisé dans l'aventures (La vengeance du Sarrasin) et le péplum en particulier (Samson contre tous). Dans la seconde moitié des années 60, bourgeonnent en Europe, à l'ombre du western spaghetti, de nombreux sous-genres à la remorque de la mode anglo-saxonne, comme l'europsy ou dans une moindre mesure le film de casse. Les Italiens ne se sont guère illustrés dans ce dernier malgré plusieurs tentatives, ce Assalto Al Tesoro Di Stato, bavard et mou de la douille, l'illustre à ses dépens.
Que retenir en effet de ce film languissant hormis sa mise en scène plutôt soignée et surtout la beauté incendiaire de Anita Sanders qui brûle la pellicule à chaque apparition ? Peu de choses, malheureusement. Malgré un Roger Browne qui endosse le pagne d'un gladiateur ou le costume d'un voleur avec la même nonchalance, combien ces 4 malfrats pour un casse aurait gagné à n'être que deux, encombré par une autre moitié de malfaiteurs peu sympathiques pour ne pas dire repoussants. Le couple animé par Roger et Anita aurait ainsi très bien fait l'affaire tout seul. Dommage car grâce à eux, le film ne manque pas de charme que les autres rôles contribuent regrettablement à bousiller. Bref, ça se laisse regarder sans déplaisir mais sans grande passion non plus. Comme beaucoup d'autres pellicules italiennes auxquelles il manque la nervosité - et le talent aussi - du cinéma américain ! (02.04.2023) ⍖



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