My Shameful - Descend (2008)


Certes c’est facile, il n’empêche : rarement un album n’aura aussi bien porté son nom. Cette quatrième exploration des Finlandais confine à une descente dans des entrailles indicibles. Sans espoir de retour, aller-simple dans la désolation la plus noire. Dès les premières mesures égrenés par l’etouffant « Allconsuming », nous sommes d’entrée de jeu terrassés, écrasés par une chappe de désespoir, par une tritesse plombée qui peu à peu engourdit au point de ne plus pouvoir bouger… Héraut d’un doom death caverneux et sévère, au monolithisme absolu sur Of All The Wrong Things et … Of Dust, ce qui est désormais un véritable groupe, après plusieurs années en tant que simple joujou solitaire de Sami Rautio, apprend de plus en plus à varier sa lecture du genre et ce faisant, à écrire des compositions plus élaborées, mieux construites. Ainsi, le titre d’ouverture, déjà cité, se voit drapé en son début par un linceul que ne renierait pas Pantheist, autre « rigolo » du label Firedoom. « Deity Of Retribution » se veut quant à lui presque rapide (tout est relatif bien entendu, on ne parle de grind ici !), tout comme « Kill The Emptiness » et surtout l’abyssal « uNrepentant » enténébré par un final presque black metal. Pour autant, c’est toujours une lenteur lancinante et sinistre qui sert de socle à cet édifice gris et obscur. 

En revanche, My Shameful n’a toujours pas appris à éclairer sa musique de quelques lueurs d’espoir. La beauté s’avère toujours absente de son art. Rien, absolument rien à quoi se raccrocher afin d’échapper à ce fatalisme qui se confond avec un profond masochisme. Avec ses excavations charbonneuses, Descend est un tunnel sans fin ni lumière. Fidèles à une formule quasi mathématique (un opus tous les deux ans, forgé autour de sept à huit titres oscillant tous entre 6 et 8 minutes environ), les Finlandais sont les peintres d’une vie pleine de regrets et de malheur. Pourquoi lutter car de toute façon l’issue est toujours la même : la mort. A l’image de ses aînés, ce nouvel opus n’est qu’un bloc pétrifié et opaque qui se dresse dans l’obscurité. Il prouve en outre qu’il ne faut jamais juger un groupe sur des débuts maladroits : chaque nouveau disque que la formation scandinave enfante est une pierre supplémentaire vers une maturité artistique de plus en plus affirmée. Plus sombre que jamais, Descend se pose donc comme son meilleur essai à ce jour. Ni clone de My Dying Bride ni copieur de ses compatriotes funéraires à la Shape Of Despair et en constante progression, My Shameful est détenteur d’une identité singulière et d’un son qui n’appartient qu’à lui. On n’est pas loin du culte. (2008) ⍖⍖⍖

Commentaires

Random posts

En vrac

Plus d'éléments

Goddess

Accueil